Agriculture : Mise en garde contre une baisse du budget européen

Le projet de réforme de la Commission donne une plus grande marge de manœuvre aux États. [Budimir Jevtic/Shutterstock]

Le président des chambres d’agriculture, Claude Cochonneau, a mis en garde l’Élysée, mercredi, contre une baisse du budget européen de l’agriculture, réagissant à des rumeurs selon lesquelles la France ne ferait plus des aides aux paysans une priorité à l’horizon 2020.

« Lorsqu’on voit ce que pèsent les aides de la PAC (politique agricole commune) non seulement dans le chiffre d’affaires de l’agriculture, mais dans le revenu des agriculteurs (…) s’il devait y avoir une diminution drastique du budget de la PAC, l’effet va être immédiat, on va voir le nombre d’agriculteurs diminuer dans des proportions qu’on n’ose même pas imaginer », a déclaré M. Cochonneau lors de ses vœux à la presse, en réponse à la question d’un journaliste.

« Nous, la question c’est d’avoir un budget suffisant pour la politique agricole commune et par conséquent pour la politique agricole française. Ce n’est pas ce que les autres secteurs pourraient avoir qui nous pose problème, c’est ce que pourrait ne pas avoir l’agriculture », a ajouté M. Cochonneau, qui espère une clarification de la France à ce sujet.

« On n’est pas en train de dire —il faut sécuriser à tout prix le revenu des agriculteurs par la PAC—, la preuve c’est qu’au travers du livre blanc (des chambres d’agriculture), on parle bien d’une transition qu’il faut accompagner et on est bien conscient qu’il y a des efforts à faire de notre côté », a ajouté M. Cochonneau.

« On va beaucoup insister auprès du gouvernement pour qu’il continue à défendre le budget de la PAC », a conclu le responsable des chambres agricoles.

La France s’oppose à toute « renationalisation » de la PAC et cherche des soutiens

Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture français, plaide pour le maintien des aides directes aux agriculteurs devant le commissaire européen Phil Hogan, qui reconnait l’urgence de simplifier un système trop opaque.

Il s’est par ailleurs montré très soucieux sur la dernière version de la carte des futures zones agricoles défavorisées dites simples, éligibles à des aides européennes, en l’occurrence à l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN).

« Quand vous dites, à enveloppe constante, on va élargir des zones, en diminuer d’autres, sur la base de critères qui ramenés à l’exploitation agricole n’ont pas vraiment de cohérence (…), on a un vrai débat sur les critères qui ont contribué à faire cette carte-là »

Il a évoqué « l’application mécanique, administrative, de critères techniques » qui nous a conduits à ce résultat-là. Selon lui, en l’état, avec ce projet de carte qui étend les zones concernées, il manquerait 40 millions d’euros sur 2019 et 2020.

Lors du vote du dernier budget de l’agriculture française, un amendement avait été voté, concernant notamment une demande de rapport pour juin 2018 sur l’avenir du financement pour 2019 et 2020 de certaines aides dont l’ICHN.

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