Salvini et Andriukaitis s’affrontent sur le nationalisme alimentaire

Vytenis Andriukaitis met en garde contre le nationalisme alimentaire. [GAPON/EC]

Le commissaire à la santé, Vytenis Andriukaitis, a dénoncé « l’utilisation politique » des inquiétudes sur la sécurité alimentaire par les dirigeants nationalistes comme Matteo Salvini. Celui-ci rétorque qu’il ne fait que défendre les pêcheurs et agriculteurs italiens.

Lors d’un point presse, le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, a indiqué la volonté européenne de mettre en place un nouveau système d’indication d’origine pour les produits alimentaires. Il a cependant dénoncé l’utilisation de ce type de mesures comme argument politique pour faire de la propagande nationaliste par des partis comme la Lega, de Matteo Salvini.

L’homme fort du gouvernement italien a reproché à l’UE l’arrivée dans son pays d’aliments risqués provenant d’Afrique, du Brésil ou d’Inde. Un discours « très nationaliste, protectionniste et idéologique », selon le commissaire, qui rappelle au passage que c’est à l’Italie, via son système de contrôle national, de vérifier que les aliments importés en Italie, et donc dans l’UE, sont propres à la consommation.

Vytenis Andriukaitis a également fait remarquer que les produits alimentaires arrivant dans l’UE passent par une série de contrôles très stricts, ce à quoi Matteo Salvini ne fait jamais référence. « Ignorerait-il le travail des laboratoires italiens ? »

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La réponse ne s’est pas fait attendre.  « Je défends le travail de nos fermiers et pêcheurs, confrontés à des difficultés à cause des accords et réglementation européens qui entravent le ‘Made in Italy’ », a assuré le vice-Premier ministre italien. Il a ajouté que les règles européennes nuisaient à la santé des consommateurs et favorisait les multinationales et la vente de produits non européens de piètre qualité.

Ce n’est pas la première querelle entre le ministre italien et le commissaire lituanien. En octobre dernier, Vytenis Andriukaitis a écrit sur Twitter qu’il avait « rarement été aussi mal à l’aise » qu’après avoir lu un tweet de Matteo Salvini disant qu’il était prêt à soutenir les agriculteurs luttant contre une Europe qui « remplit nos tables et magasins de malbouffe arrivant sans contrôle de l’autre bout du monde ». « Du riz avec des pesticides ? Ça suffit, moi, j’achète et je mange italien. »

Vytenis Andriukaitis avait répondu que « dans l’UE, nous œuvrons ensemble et pas les uns contre les autres », regrettant que les faits réels pèsent si peu dans le débat et rappelant que c’était ce genre de mensonges qui avaient mené au Brexit.

En mars dernier, Matteo Salvini a présenté une proposition législative protégeant les marques italiennes de plus de 50 ans via un label certifié « Made in Italy ». Le but du texte est avant tout d’éviter la délocalisation de la production hors d’Italie et ne couvre pas seulement l’agroalimentaire.

Lors de son point presse, le commissaire a insisté pour que le débat sur l’étiquetage ne soit pas pollué par la propagande nationaliste. « Dire que la nourriture italienne est la meilleure, c’est facile. Si vous demandez à un Hongrois, à un Lituanien ou à un Irlandais, ils vous diront aussi que leurs aliments sont les meilleurs », souligne-t-il.

Une enquête de l’Eurobaromètre publiée le 7 juin indique que l’origine des produits alimentaires est le premier critère de choix des citoyens européens, devant le prix ou la sécurité.

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