Associations françaises et européennes demandent à la France de clarifier sa position sur le glyphosate

Le glyphosate, dont l'autorisation actuelle expire fin 2022, fait actuellement l'objet d'un processus de réévaluation en vue d'une nouvelle autorisation potentielle au niveau européen. [eleonimages/Shutterstock]

Dans une lettre ouverte, la Ligue contre le Cancer, l’Alliance européenne pour la Santé et l’Environnement et l’Association des Ligues européennes contre le Cancer demandent aux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique de clarifier la position française par rapport aux risques du glyphosate pour la santé humaine.

Cette demande intervient alors que la Commission européenne se penche actuellement sur la question d’une potentielle ré-autorisation du glyphosate – un pesticide au cœur de nombreuses controverses depuis des années – dans l’Union européenne. Alors que son autorisation actuelle expire le 15 décembre 2022, le glyphosate fait, encore jusqu’au 22 novembre, l’objet de deux consultations pour évaluer ses risques notamment pour la santé humaine.

Comme le rappellent les auteurs du courrier, adressé la semaine dernière (4 novembre) aux ministres de l’Agriculture Julien Denormandie et de la Transition écologique Barbara Pompili, la France est l’un des rapporteurs en charge de l’évaluation européenne de ce dossier de renouvellement (avec les Pays-Bas, la Suède et la Hongrie). Ce Groupe d’évaluation du glyphosate (GEG) avait jugé, en juin dernier, que le glyphosate « remplit les critères d’approbation pour la santé humaine ».

Avis qui n’avait pas manqué à provoquer la mobilisation des ONG de protection de l’environnement et de la santé qui rappellent que le glyphosate est classé, depuis 2015 déjà, comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Grande « surprise » également pour les signataires de la lettre ouverte à M. Denormandie et Mme Pompili : comme ils le rappellent, la France avait soutenu le non-renouvellement du glyphosate pendant le dernier processus d’évaluation qui s’était finalement traduit par la ré-approbation du pesticide en 2017. Moment qu’avait par ailleurs choisi Emmanuel Macron pour promettre l’interdiction de la substance dans les trois ans.

Or, « la participation française au GEG suggère que les autorités françaises soutiennent pleinement la conclusion [du GEG] et l’absence de risques inacceptables pour la santé humaine en lien avec l’usage de la substance », soutiennent les trois organismes signataires de la lettre. Position qui « semble contredire les conclusions de l’INSERM, l’institut de santé publique de référence au niveau national, à propos des impacts du glyphosate sur la santé ».

Les trois organisations expriment ainsi leurs « profondes inquiétudes concernant le soutien de la France des récentes conclusions publiées par le GEG » et affirment qu’ « il nous est impossible de comprendre les raisons et la justification scientifique d’une telle position ». Celle-ci constituerait un « retournement majeur par rapport à l’appréciation précédente des autorités françaises » concernant les risques du glyphosate.

Alors que le dernier processus de ré-autorisation du glyphosate en 2017 avait suscité des « controverses scientifiques et politiques significatives », les États membres rapporteurs auraient aujourd’hui « une responsabilité particulière pour garantir l’excellence scientifique et l’indépendance [du processus de réévaluation] », soutiennent les signataires.

Ces derniers en appellent donc aux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique de « clarifier publiquement la position des autorités françaises par rapport aux risques que pose le glyphosate pour la santé humaine et aux preuves scientifiques à la base de cette position ». Affaire à suivre.

PFUE : 37 ONG françaises demandent à Emmanuel Macron de faire interdire le glyphosate en Europe dès 2023

Les ONG ont lancé une pétition, ce jeudi (14 octobre), exigeant que la France s’engage contre une ré-autorisation du pesticide dans l’UE, alors que deux consultations en vue d’une ré-autorisation du glyphosate sont en cours au niveau européen.

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