Les agriculteurs baltes à Bruxelles pour dénoncer les inégalités de la PAC

Les agriculteurs des pays baltes réclament une distribution juste des paiements dans le cadre de la Politique agricole commune post-2020, dans laquelle ils s’estiment lésés.

Les agriculteurs d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie veulent faire pression sur les dirigeants européens, qui se rencontreront les 13 et 14 décembre lors du sommet européen à Bruxelles pour discuter du cadre financier pluriannuel (CFP), le budget européen de 2021 à 2027.

En début de semaine, les agriculteurs de ces trois pays ont envoyé une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk. Ils estiment que le modèle de calcul de la PAC est obsolète.

« Les agriculteurs des pays baltes manifesteront pour appeler à un calcul juste des paiements directs de la PAC, puisqu’ils continuent à recevoir les versements les plus bas de toute l’UE. Et ce, malgré le fait que leurs coûts de production se situent au-dessus de la moyenne européenne », indique la lettre.

La manifestation est organisée par deux groupes d’agriculteurs, la Coalition balte et la Coalition de l’est.

« Nous continuons à recevoir les paiements directs les moins élevés de l’UE, environ 60 % de la moyenne européenne, alors que nos coûts de production sont bien au-dessus de la moyenne de l’UE (129 % en Estonie, 112 % en Lituanie et 113 % en Lettonie) », a commenté Maira Dzelzkalēja, vice-présidente de l’association des agriculteurs lettons (ZSA) et de la Coalition balte.

« Les dirigeants européens promettent depuis des années de régler cette anomalie, mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Si nous voulons un marché unique juste, cet écart doit être comblé lors des négociations sur le budget de l’UE. Les agriculteurs des pays baltes ne sont pas des agriculteurs de seconde zone », a-t-elle déclaré à Euractiv.

Une source a affirmé que les Premiers ministres des trois pays baltes devaient rejoindre la manifestation, mais cela n’a pas encore été confirmé.

Les agriculteurs baltes estiment que « cette anomalie historique » est attribuée au fait que les paiements initiaux étaient basés sur une période de référence : celle de la transition de ces pays à partir d’un modèle économique soviétique.

Arūnas Svitojus, président de la chambre d’agriculture de Lituanie et organisateur principal de la manifestation de la coalition de l’est, soutient que les nouveaux États membres sont laissés de côté depuis trop longtemps et demande aux dirigeants d’égaliser les paiements directs.

« La PAC verse des subventions beaucoup moins importantes aux agriculteurs des nouveaux États membres par rapport à ceux des États membres plus anciens. On nous a promis que cela allait cesser, mais 16 mois plus tard, les mots n’ont toujours pas été traduits en actions », déplore-t-il.

Dans une interview avec Euractiv Roumanie en septembre, le commissaire européen en charge de l’agriculture, Phil Hogan, a déclaré que sa priorité pour la PAC post-2020 était de sauvegarder les paiements directs, nécessaires pour soutenir le revenu des agriculteurs.

Hogan: « L’innovation aura une place de choix dans la future PAC »

Ce sont les États membres et non la Commission qui décideront du soutien financier à apporter à l’innovation et à la numérisation dans l’agriculture dans la Politique agricole commune post-2020, a déclaré le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan.

 

Selon un porte-parole de la Commission, l’exécutif est conscient de leur importance pour les agriculteurs à travers l’UE, exposés à la volatilité et à l’imprévisibilité des conditions de travail.

« Parvenir à une juste distribution des paiements est une priorité pour la Commission qui a proposé de faire un pas de plus vers l’égalité des paiements directs pour la prochaine période budgétaire », a déclaré le porte-parole.

« Là où la plupart des États membres subiront une baisse de leur enveloppe de paiements directs de 3,9 %, les paiements directs des pays baltes augmenteront de plus de 4 % par rapport à l’allocation de base », a-t-il ajouté.

« Les propositions sont en train d’être discutées en trilogue, avec le Parlement européen et les États membres au Conseil, et tant qu’un accord n’est pas conclu, nous ne pouvons pas spéculer sur l’issue des discussions sur la future PAC », a conclu le responsable européen.

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