Bio : le règlement passe l’étape des ministres

le nombre de fermes bio a plus que doublé en dix ans et les installations et conversions se multiplient. [Michael McGimpsey/Flickr]

Les ministres de l’Agriculture de l’Union adoptent le nouveau règlement sur le bio. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Le nouveau règlement sur l’agriculture biologique vient de passer une nouvelle étape, avec son adoption à l’unanimité par le Comité spécial agriculture (CSA), qui rassemble les ministres de l’Agriculture de l’Union. Une adoption sans accroc, pour un texte qui peine à faire consensus depuis le lancement de sa révision il y a trois ans.

En juin dernier, trois points achoppaient. D’abord le lien au sol, avec la crainte de voir étendue l’autorisation de la culture en bac, qui reste finalement autorisée dans les seuls pays scandinaves. Ensuite, la possibilité laissée aux États d’adopter « des mesures de déclassement nationales », qui auraient permis à chaque État de fixer des seuils de contamination au-delà desquels des produits pouvaient sortir du label bio. « Demain, la production biologique ne serait plus fondée sur le principe d’une obligation de moyens, rigoureusement contrôlée à tous les stades de la production, mais risque de se trouver réduite à de simples résultats d’analyse », dénonçait alors la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Enfin, l’allégement des contrôles, qui permettra désormais à un producteur chez qui aucune fraude n’a été détectée dans les trois ans de n’être contrôlé que tous les deux ans. Autant de points sur lesquels la Commission a lâché du lest, permettant l’adoption in extremis du texte fin juin.

C’est Rennes qui accueillera, en septembre 2020, le prochain congrès international de l’agriculture biologique, sous la houlette de la Fédération internationale des mouvements en agriculture biologique (Ifoam). Une nouvelle dont se réjouit l’Institut technique dédiée à l’agriculture biologique (Itab). La région rennaise a engagé des démarches très volontaristes : le nombre de fermes bio a plus que doublé en dix ans et les installations et conversions se multiplient. La métropole soutient également le projet d’une légumerie bio et promeut une restauration collective très tournée vers la bio, rappelle l’Itab.

Les aides au maintien dans le bio rétablies par les députés

Alors que le gouvernement les avait supprimées dans le cadre du projet de budget 2018, les aides au maintien à la bio ont été rétablies jusqu’en 2019 par les députés. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Travert satisfait

C’est la satisfaction qui prime du côté du ministère de l’Agriculture. « Les évolutions apportées par ce projet de règlement […] vont accompagner le développement du secteur, permettre l’harmonisation des règles applicables et renforcer les garanties données aux consommateurs », se félicite Stéphane Travert. Et de citer l’élargissement du champ d’application du texte à de nouveaux produits (cire d’abeille, toutes les huiles essentielles), l’amélioration de l’étiquetage qui informe de l’origine des matières premières agricoles et de l’identification de l’organisme de contrôle ; ou encore, pour les producteurs biologiques, la facilitation d’accès aux semences et animaux répondant à leurs besoins spécifiques, avec la possibilité de commercialisation du matériel biologique hétérogène et une expérimentation pour les variétés biologiques.

Un soutien à géométrie variable

En juillet dernier, Stéphane Travert avait mis le feu à la bio en ne transférant que 4,2 % des crédits du premier pilier de la PAC au financement à la fois des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC), des indemnités compensatoires des handicaps naturels (ICHN) et des aides à l’agriculture bio (AB) ; puis il avait supprimé les aides au maintien à partir de 2018. Mais il se présente maintenant aux côtés d’une forme d’agriculture « qu’il convient d’accompagner ». La semaine passée, les députés ont redressé (un peu) la barre, en prolongeant le crédit d’impôt pour l’AB pour les années 2018 à 2020, et en l’augmentant en outre de 2 500 à 3 500 euros. Ce crédit s’appliquera aux exploitations justifiant de 40 % de leur production en bio et pourra se cumuler avec l’aide à la conversion dans la limite d’un plafond fixé à 4 000 €.

Prochaine étape pour le texte : son passage en commission Agriculture du Parlement européen, le 22 novembre prochain, avant son adoption en plénière.

Le bio: une longue série de bienfaits pour la santé

Publiée ce 27 octobre dans la revue Environmental Health, une vaste étude recense les nombreux atouts d’une alimentation bio pour la santé. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

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