Bruxelles temporise les projets d’étiquetage du miel de la France

Tout le miel produit en Europe n'est pas produit par des abeilles, loin de là. [Nick Melistas/Shutterstock]

La France s’est vue demander de revoir son projet d’étiquetage de l’origine géographique du miel commercialisé dans l’Hexagone, ce qui pourrait ralentir la mise en œuvre de la mesure très attendue des apiculteurs.

D’où vient le miel que nous consommons ?  La réglementation européenne n’impose pas de préciser l’origine du miel. Résultat, sur les étals des supermarchés, les pots estampillés « produits en France » pullulent, mais leurs origines réelles sont souvent des plus internationales.

En effet, près de 80 % du miel consommé en France est importé, en grande partie de Chine. Mais le mélange de pays d’origine n’est que rarement indiqué sur les emballages. Ainsi, selon une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 43 % des miels vendus en France ont un étiquetage imprécis

Cette dans la traçabilité du miel est une véritable plaie pour la valorisation des produits locaux. Et à l’heure du « Made in France » le gouvernement a promis d’y mettre fin au plus vite, en introduisant une nouvelle réglementation sur la traçabilité des miels.

Projet d’étiquetage

Au début de l’été 2019, le gouvernement français avait ainsi annoncé sa volonté de renforcer l’étiquetage sur l’origine du miel. Le texte du gouvernement français prévoyait d’inclure sur l’étiquette l’’ensemble des pays d’origine d’un produit issu d’un mélange de miels, par ordre d’importance.

Aujourd’hui, les mentions obligatoires sur l’origine du miel sont cantonnées à « mélange de miels originaires de l’UE », ou « mélange de miels non originaires de l’UE » ou encore « mélange de miels originaires et non originaires de l’UE ».

Un tiers du miel vendu dans l’UE est frelaté

Allongés au sirop de sucre, élaborés à partir de maïs ou de riz, faussement étiquetés bio : plus de 30 % des miels vendus en Europe sont frelatés. Des eurodéputés socialistes interpellent la Commission.

Le renforcement de l’étiquetage ayant un effet sur le fonctionnement du marché intérieur européen, la mesure française a cependant dû passer par la validation de la Commission européenne. Le projet français qui prévoit que « les mélanges de miels commercialisés en France devront préciser sur leur étiquette la liste exhaustive des pays d’origine des miels les composant, par ordre pondéral décroissant », et que « les pays dont sont originaires plus de 20 % des miels du mélange seront mis en évidence » n’a cependant pas été approuvé par Bruxelles.

Mais pour la Commission européenne, la « mise en évidence des pays représentant plus de 20 % de la quantité de miel [va] trop loin par rapport à ce que permet l’actuelle réglementation européenne ». Cet avis circonstancié « n’est pas un refus », insiste une source à la Commission européenne. « On émet simplement un certain nombre de commentaires ».

La France n’est pas le seul pays à avoir sollicité la validation européenne pour réformer l’étiquetage du miel. L’Espagne et le Portugal ont également fait des demandes en ce sens. Pour accélérer le dossier, le gouvernement français compte proposer une nouvelle mouture d’étiquetage des pays d’origine à la Commission.

La volonté française de porter le sujet d’une nouvelle réglementation européenne sur le sujet pourrait cependant se heurter aux efforts d’autres pays en faveur d’un « miel européen ». Ainsi, si le Portugal et l’Espagne sont en faveur d’un étiquetage en fonction des pays, l’Association européenne de l’apiculture en Hongrie a de son côté lancé une opération marketing en faveur d’un label européen.

Le Parlement européen veut lutter contre le faux miel importé en Europe

À l’approche d’un vote sur la protection des abeilles et l’importation de miel frelaté, les eurodéputés se penchent sur un secteur pesant 14,2 milliards d’euros dans l’UE. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

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