Cinq ans après la fin des quotas laitiers, où en sont les exploitations ?

Loïc Guines, président de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, le premier département laitier français, fait un portrait tempéré du changement progressif de paysage. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Premier département laitier de France, l’Ille-et-Vilaine a accru sa production, depuis la fin des quotas : passant de 1,4 à 1,7 milliard de litres par an (cinq milliards au total en Bretagne, 25 milliards pour la production nationale, dont 40 % part à l’exportation). Avec un peu moins d’exploitations (3 500 en lait), donc une hausse de la productivité. « Pour autant, les exploitations restent petites et familiales », tempère Loïc Guines, président de la Chambre départementale d’agriculture, « 75 vaches en moyenne, pour 500 000 litres ».

« À nous d’attirer les jeunes »

Alors non, la fin des quotas laitiers n’a pas été la catastrophe parfois annoncée, même si les années 2015 et 2016 « n’ont pas été simples »… Ce n’est pas elle qui a provoqué cette baisse du nombre d’exploitations, « mais la démographie, tout simplement ». C’est d’ailleurs le chantier prioritaire pour le président. « À nous de savoir attirer les jeunes pour assurer le renouvellement des générations ».

Lui-même éleveur laitier, associé avec son frère, plus un salarié, Loïc Guines produit 600 000 litres de lait (bio) par an, avec 110 vaches sur 130 ha. La production de lait bio se développe en Bretagne, avec 700 producteurs de lait (dont 250 en Ille-et-Vilaine), « mais cela reste moins de 10 % ».

Conventionnel (340 € la tonne, en moyenne, en 2019) ou bio (470 €), « le plus important, c’est de coller au marché et que le prix de vente intègre les coûts de production ». Malgré la loi ÉgAlim, on en reste encore loin, déplore-t-il : les coûts sont estimés à 396 € en conventionnel (et 530 € en bio) par le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel) et à 450 € par l’organisation laitière européenne European Milk Board (EMB)…

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« ÉgAlim n’a plus d’excuse »

Plus d’un an après, « la loi ÉgAlim n’a plus d’excuse : elle doit entrer pleinement en action ». Il sent d’ailleurs « des frémissements, des contrats, des prix plus élevés », même si on reste encore loin des estimations du Cniel.

Le modèle breton tant avancé « n’existe plus depuis longtemps », constate Loïc Guines. Tous les modèles cohabitent désormais : du petit producteur avec trente vaches, qui transforme tout et vend directement lui-même sur les marchés, à la grosse exploitation de 150 ou 200 vaches, avec ses robots. « Ce qui compte, derrière, c’est le nombre d’emplois : ramenée à l’UTH (Unité de travail humain), souvent la grosse exploitation gagne moins qu’un petit individuel »…

On a besoin « de tout le monde », plaide-t-il, « y compris des industriels ». Le modèle maïs-blé « n’a plus de sens », estime-t-il : « De plus en plus d’exploitations ont des rotations de plus en plus longues, avec des légumineuses, des praires en herbe ». Plus de rotations, « cela implique moins de phytosanitaires et de produits de synthèse ».

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