Ciolo? lance le débat sur la future politique agricole de l’UE

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Lors de son premier échange d'opinions avec le Parlement européen sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) de l'UE, le commissaire à l'agriculture Dacian Ciolo? a mis l'accent sur le potentiel des agriculteurs à apporter leur contribution à la nouvelle stratégie économique du bloc pour 2020.

La réforme de la PAC pourrait apporter une contribution de taille à la nouvelle stratégie de l'UE pour une croissance économique durable, appelée "Europe 2020", a affirmé M. Ciolo?, devant la commission de l'agriculture du Parlement européen hier (12 avril).

Faisant référence à la PAC comme le moteur de la croissance en milieu rural, M. Ciolo? a dit que la future politique agricole de l'UE jouerait un rôle essentiel pour encourager l'utilisation des ressources naturelles dans l'agriculture.

Le commissaire à l'environnement Janez Poto?nik a également appelé à une politique agricole de l'UE beaucoup plus verte afin que la PAC utilise des pratiques agricoles durables (EURACTIV 17/03/10).

L'agriculture est une source d'emplois primordiale dans les zones rurales, qui soutient souvent les autres activités rurales, a mis en avant M. Ciolo?.

La CAP est également un moteur important de la croissance verte et intelligente, a dit M. Ciolo?, soutenant que l'innovation dans l'agriculture pouvait contribuer à lutter contre le changement climatique et à produire plus avec moins de moyens.

L'avenir de la PAC après 2013

Pendant l'échange de points de vue, l'eurodéputé britannique George Lyon (ADLE) a présenté un rapport sur son propre projet d'initiative sur l'avenir de la PAC après 2013. Pour résumer, il appelle à une politique agricole de l'UE plus juste, plus verte et plus durable.

Commentant le rapport de M. Lyon, M. Ciolo? a avertit qu'il ne fallait pas se précipiter pour identifier les différents mécanismes pour la future PAC, mais plutôt demander plus de temps pour réfléchir à ce que nous voulons réaliser.

L'une des questions les plus controversées dans la réforme à venir est de savoir si l'on doit réduire ou non le budget de la PAC, qui représente actuellement 40 % du total des dépenses de l'UE. Le budget est une source majeure de tensions entre les partisans de la PAC tels que la France et ceux qui la critiquent tels que le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

En ce qui concerne le financement des subventions directes, M. Ciolo? a dit qu'il était encore trop tôt pour discuter du degré de financement ou de la vitesse de la transition du système actuel au nouveau système. Nous devons d'abord nous mettre d'accord sur ce que nous voulons réussir à atteindre avec les financements et à ce moment là seulement nous nous déciderons sur leur distribution, a-t-il insisté.

Néanmoins, il a dit qu'ils devaient au moins contribuer à apporter un filet de sécurité pour les revenus des agriculteurs, et procurer des biens publics pour l'environnement de même que pour le maintien des emplois.

Au lieu de présenter lui-même une vision spécifique sur la nouvelle PAC, le commissaire Ciolo? a identifié une série de questions qui doivent être traitées dans le processus de réforme.

Le débat citoyen

Soutenant que la PAC souffre d'un manque d'échange  avec la société européenne, M. Ciolo? a annoncé le lancement d'un débat public sur le futur de la politique agricole de l'UE.

Je veux avoir les réactions et sentiments non seulement des fermiers, mais aussi des associations de protection de l'environnement, des groupes de consommateurs et de protection des animaux, a-t-il affirmé, insistant sur le fait que la PAC n'est pas juste une question pour les experts, mais une politique pour tous les Européens.

La société dans son ensemble bénéficie de la politique agricole de l'UE car elle produit de la nourriture, gère l'utilisation du territoire et protège l'environnement, a-t-il expliqué.

M. Ciolo? a mis en avant le fait qu'il ne s'agissait pas d'une consultation, car il n'y a pas de communication officielle de la Commission pour accompagner le processus. Il n'y a pas non plus de discussions sur le budget de la PAC ou ses instruments spécifiques, a-t-il expliqué, appelant plutôt à un débat sur les attentes globales des Européens sur la future politique agricole du bloc.

S'adressant à la presse en amont du lancement, M. Ciolo? a souligné l'importance de débattre de la substance et des objectifs de la PAC avant de débattre de la forme et des mécanismes qui les mettront en application.

Nous devons surmonter la partie technique de la PAC afin de la rendre plus accessible au public, a ajouté le commissaire. Alors qu'une récente enquête Eurobaromètre a montré qu'environ 90% des Européens soutenaient la PAC, 30 % ont affirmé qu'ils savaient vraiment en quoi consistait cette politique. La réforme à venir devrait donc s'assurer que les mesures et les objectifs établis sont accessibles à un large public, a dit le commissaire.

Le débat en ligne est ouvert jusqu'à juin et contribuera au travail de la Commission sur l'avenir de la PAC.

Par ailleurs, M. Ciolo? a listé les principaux défis qui font face à la future PAC : garantir la sécurité alimentaire, protéger les sols et les ressources naturelles, dynamiser la croissance économique dans les zones rurales et combattre le changement climatique.

La Politique agricole commune a été instaurée en 1958 pour subventionner les agriculteurs et les encourager à produire plus pour assurer des approvisionnements stables d'aliments à des prix abordables.

Après trois réformes en 1992, 1999 et 2003, le bilan de santé de la PAC a été lancé en 2008. Le bilan de santé a pour but de moderniser cette politique et évaluer si des ajustements sont nécessaires pour lui permettre d'affronter les nouveaux défis auxquels elle fait face, comme le changement climatique.

Les 27 pays de l'UE se sont également mis d'accord pour réduire davantage les subventions directes aux agriculteurs, dévier les liquidités vers la politique de développement rural, et abolir les quotas de production de lait.

2010 verra un débat sur le futur de la PAC après 2013, dans le contexte de la révision générale du budget européen.

Les discussions entre les 27 pays de l'UE opposeront les fervents partisans d'une régulation forte comme la France aux adversaires traditionnels comme le Royaume-Uni qui préconisent une politique orientée vers le marché.

  • Juin : Date butoir pour le débat en ligne sur l'avenir de la PAC.
  • Mi-juillet : La Commission doit organiser une grande conférence avec les parties prenantes pour tirer les leçons du débat public en ligne.
  • D'ici fin 2010 : La Commission doit publier une communication sur les possibilités pour la PAC après 2013.

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