Clonage animal : échec des négociations à Bruxelles

Réunis en comité de conciliation le Parlement européen et le Conseil des ministres n’ont pas réussi à trouver de compromis sur l’utilisation d’animaux clonés à des fins alimentaires.

12 heures de discussions et c’est l’échec. Mardi 29 mars, à Bruxelles, parlementaires et ministres n’ont pas réussi à clore un débat entamé en janvier 2008. La Commission avait à l’époque présenté une proposition pour modifier le règlement européen sur l’utilisation d’animaux clonés pour l’alimentation.

Pourtant le Parlement et le Conseil semblait pouvoir s’entendre sur le sujet. Les deux institutions souhaitant interdire l’utilisation du clonage animal à des fins alimentaires, ainsi que la commercialisation des produits issus de ce processus.

Mais l’opposition s’est cristallisée sur la mise sur le marché de viande issue de la progéniture d’animaux clonés. Les députés ne sont pas favorables à cette mesure, contrairement aux représentants des États. 

Le Parlement a proposé un ultime compromis, un label qui avertirait les consommateurs sur l’origine clonée des produits. Mais, une nouvelle fois, la discussion s’est trouvée dans l’impasse, le Conseil ne souhaitant conserver qu’un seul label  : celui distinguant la viande de bœuf fraiche.

Pas de menaces

Ce label avait été imposé sur les recommandations de l’agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) à la suite de plusieurs incidents.

En ce qui concerne la viande d’origine clonée, l’EFSA n’a pourtant jamais jugé la viande issue du clonage dangereuse pour la santé des consommateurs.

Les députés ont surtout pointé les mauvais traitements infligés aux animaux dans les élevages, surpeuplés à cause du clonage les structures d’exploitations deviennent en effet de véritable mouroirs. De plus leur progéniture a des chances de survie très inférieures à la moyenne, beaucoup d’entre eux naissent avec des malformations.

L’échec des négociations maintient en vigueur le règlement alimentaire de 1997. La députée européenne finlandaise Statu Hassi (Verts/ALE), membre de la délégation parlementaire impliquée dans les négociations, a pressé la Commission de présenter une nouvelle proposition de révision du règlement.

POSITIONS  

Le commissaire en charge de la santé et de la protection des consommateurs, John Dalli a promis que la Commission tirerait les conclusions de cet échec. « Le prochain rapport de la Commission sur ce sujet tiendra compte de l’avis des deux institutions », a-t-il ajouté.

L’eurodéputée allemande en charge de ce rapport, Kartika Liotard (Gauche unitaire européenne/Gauche écologiste du Nord) s’est déclarée « frustrée que le Conseil accorde si peu de poids à l’opinion publique ».

De son coté le ministre de l’Agriculture hongrois Sandor Fazeka s’est dit prêt, au nom du Conseil (son pays préside l’UE pour six mois), a adopter des règles qui protègent la santé des consommateurs européens.

« Il faut savoir que nous ne produisons pas de viandes clonées en Europe. Cependant chaque année sont importées entre 300.000 et 500.000 tonnes de viande bovine destinées à la consommation. La majeur partie de ces viandes proviennent des États-Unis et d’Argentine, pays qui, eux, ont autorisé le clonage à des fins commerciales, mais n’ont aucun système de traçabilité! », s’est offusqué le député européen Marc Tarabella (S&D).

« Le Conseil aurait dû privilégier la protection du consommateur européen plutôt que de tout faire pour éviter de fâcher les Américains qui n’auraient sûrement pas accueilli cette obligation de traçabilité avec le sourire », a-t-il ajouté. 

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