PAC. Les propos de Frans Timmermans font sourciller les ministres de l’Agriculture

Le retrait de la proposition de réforme de la PAC est exclu, a fait savoir la Commission européenne aux ministres de l’Agriculture, tandis que le vice-président de l’exécutif Frans Timmermans en avait suggéré la possibilité. [EU]

Le retrait de la proposition de réforme de la PAC est exclu, a fait savoir la Commission européenne aux ministres de l’Agriculture, tandis que le vice-président de l’exécutif Frans Timmermans en avait suggéré la possibilité.

La réforme de la Politique agricole commune (PAC) fait désormais l’objet de négociations au sein du trilogue – une réunion qui associe le Conseil de l’UE, le Parlement européen et la Commission européenne afin d’arriver à un accord rapide.

Bien que la Commission n’endosse que le rôle de médiateur  dans ce contexte, elle pourrait menacer de retirer sa proposition initiale de réforme dans une dernière tentative visant à influencer les pourparlers.

Dans un entretien avec RTL Nieuws, Frans Timmermans a laissé entendre qu’une telle démarche pourrait être envisagée, si l’accord définitif ne s’aligne pas sur les objectifs du Pacte vert pour l’Europe.

Des propos qui ont fait sourciller les États membres, si bien que le sujet figurait au programme du Conseil mensuel « Agriculture et pêche » (AGRIPECHE) organisé le 16 novembre.

À cette occasion, la ministre allemande de l’Agriculture Julia Klöckner, qui détient actuellement la présidence de l’AGRIPECHE, n’a pas mâché ses mots, qualifiant l’idée de menace ayant « profondément déçu » les 27 États membres.

La transition verte de la PAC divise les politiques français

Les ministres de l’Agriculture de l’UE sont arrivés ce mercredi (21 octobre) à un accord sur la réforme de la politique agricole commune (PAC). En ce qui concerne la transition verte de la PAC, les réactions des parlementaires français sont contrastées.

Les insinuations de M. Timmermans selon lesquelles cette proposition de la PAC était un pas en arrière sont « tout bonnement insensées », a-t-elle fait savoir.

« Nous avons besoin d’un niveau élevé de protection environnementale et nous ne voulons pas qu’il soit mis en péril », a-t-elle renchéri lors d’une conférence de presse, soulignant que le rejet de cette proposition n’était pas une bonne idée.

Notant que la proposition présentée par les ministres de l’Agriculture était, à plusieurs titres, plus ambitieuse que celle de la Commission européenne, Mme Klöckner a indiqué qu’il était erroné de croire que les ministres de l’Agriculture tenteraient de saper le statu quo. À ses yeux, il ne faut pas remettre en cause l’honnêteté intellectuelle.

Au cours d’un débat sur la stratégie alimentaire du bloc, la stratégie « De la ferme à la fourchette (F2F) », plusieurs États membres ont demandé davantage de précisions de la part de la représentante de la Commission, la commissaire à la santé Stella Kyriakides.

« Nous ne planifions pas de retirer la proposition de la PAC », a répondu cette dernière, ajoutant que depuis l’annonce de la position du Conseil et du Parlement sur la question, la priorité était désormais de travailler main dans la main pour établir une nouvelle politique agricole.

La politique agricole commune continue de semer le trouble

Certains aspects de la position du Parlement européen et du Conseil sur la politique agricole commune ont certes de quoi faire sourciller, mais les négociations prochaines peuvent encore assurer son adéquation aux objectifs du bloc, selon Ursula von der Leyen.

Interrogé par Euractiv au sujet d’un possible retrait, le commissaire à l’agriculture Janusz Wojciechowski a tenté de mettre fin à toutes les rumeurs : « La finalisation du dossier PAC fait partie de ma déclaration de mission […] et nous n’envisageons aucune alternative ».

La ministre allemande Julia Klöckner a maintenu qu’elle écrirait à M. Timmermans et lui ferait part de la position de la présidence du Conseil sur le sujet, appuyant toutefois que défaire des compromis institutionnels en ne les prenant pas au sérieux « ne présageait rien de bon pour un quelconque accord futur ».

Les déclarations du vice-président de la Commission européenne ont également jeté un pavé dans la mare du côté du Parlement européen. Certains membres du Parti populaire européen de centre-droit (PPE) ont ainsi exprimé leurs inquiétudes dans une missive adressée à la cheffe de l’exécutif Ursula von der Leyen, elle-même affiliée au PPE.

Dans la lettre, cinq députés européens chrétiens-démocrates décrivent les propos de M. Timmermans comme « inacceptables, étant donné qu’ils ne respectent pas les décisions prises par les colégislateurs ».

Le rôle de la Commission européenne est de faciliter l’entente entre les parties et non de mettre en avant ses priorités politiques […]. Peu importe les avis propres aux membres du collège des commissaires, ceux-ci ne doivent pas entraver la coopération interinstitutionnelle, peut-on lire dans le document.

Le Parlement européen s’entretiendra sur la question lors d’une réunion de sa commission de l’agriculture et du développement rural (AGRI) ce jeudi (19 novembre).

Nouvelle PAC : "Surtout ne pas ressembler à l'ancienne"

L’agriculture, responsable de 29% des émissions de gaz à effet de serre en Europe : c’est ce qu’a reconnu la Commission européenne dans sa stratégie alimentaire « De la ferme à la fourchette ». Ce dispositif entre dans une phase cruciale avec la nouvelle PAC qui doit faire l’objet d’un vote au Parlement européen en fin de semaine.

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