La Commission insiste sur le développement de la bioéconomie

Cet article fait partie de l'édition spéciale La bioéconomie dans la PAC post-2020.

Dans la future PAC, la Commission européenne n’approuvera pas la stratégie nationale d’un État membre si elle n’inclut pas la promotion de la bioéconomie dans l’agriculture, a déclaré le commissaire en charge de l’agriculture, Phil Hogan.

« La bioéconomie est une thématique très importante qui nécessite une action au niveau européen et qui fait désormais parti des neuf objectifs européens » de la Politique agricole commune (PAC) réformée, a déclaré Phil Hogan, le 26 avril, lors d’une conférence intitulée « Notre forêt, Notre avenir ».

Dans leurs stratégies nationales, prévues dans la réforme de la PAC, tous les États membres devront décrire comment ils comptent atteindre ces neuf objectifs européens, dont la promotion de la bioéconomie, en utilisant les outils de la PAC.

Le commissaire a souligné que les pays européens devaient soumettre des propositions sur la manière d’étendre le rôle de la bioéconomie dans l’agriculture et dans toutes les industries du vivant.

Le secteur privé au secours de la bioéconomie

Le secteur privé a un rôle clé à jouer dans la promotion de la bioéconomie au sein du secteur agroalimentaire, selon des experts de haut niveau.

Selon Phil Hogan, les États membres de l’UE auront plus de liberté dans la future Politique agricole commune. Une liberté qui leur permettra de se concentrer sur leur bioéconomie et d’être à la hauteur des ambitions de la future politique en termes d’environnement et de changement climatique.

« Une bioéconomie durable est extrêmement importante pour réduire les émissions dans l’UE » affirme le commissaire à l’agriculture, en mentionnant la contribution de la bioénergie pour atteindre les objectifs d’énergie renouvelable pour 2020 et 2030, mais aussi pour substituer aux matériaux fossiles dans des secteurs comme la construction, les plastiques ou les textiles.

Stratégies nationales et européennes

La stratégie de la Commission pour la bioéconomie a pour la première fois été conçue il y a sept ans pour encourager l’Europe à être moins dépendante du pétrole. La stratégie modernisée présentée en octobre dernier étend le plan d’action pour développer une bioéconomie durable et circulaire à toutes les industries basées sur le vivant.

Désormais, la stratégie se concentre davantage sur l’économie circulaire ainsi que la durabilité. Les trois objectifs de la stratégie, comme l’indique la Commission, sont de renforcer les secteurs du vivant, débloquer des investissements et les marchés, déployer des projets de bioéconomie locaux rapidement à travers toute l’Europe et comprendre les limites écologiques de la filière.

Les Hauts-de-France misent à fond sur la bioéconomie

En septembre 2018, la région Hauts-de-France a adopté une feuille de route de la bioéconomie. L’ex-région sucrière veut devenir un leader du secteur.

Le plan d’action de la Commission promeut aussi l’utilisation des stratégies nationales sur la bioéconomie en mettant en place des outils comme le mécanisme européen de soutien pour la bioéconomie ou le forum européen de la bioéconomie, afin d’aider les pays de l’UE à développer leur propre stratégie.

« Nous avons besoin d’une stratégie que nous pouvons mettre en place dans tous les États membres », a déclaré Phil Hogan.

Actuellement, seules l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Finlande et Malte ont adopté des stratégies sur la bioéconomie au niveau national. Six États membres de l’UE sont en train de développer des stratégies et les 13 restants fonctionnent avec des initiatives politiques ou des stratégies en lien avec la bioéconomie au niveau national.

Revenus supplémentaires pour les agriculteurs

« Ces quatre dernières années, j’ai donné à la bioéconomie une place centrale dans les discussions sur la future politique agricole », a déclaré Phil Hogan.

Selon lui, le Parlement européen s’accorde à dire que la bioéconomie est bénéfique pour les agriculteurs et les coopératives en termes de création d’emplois dans les zones rurales et de nouvelle source de revenus pour les agriculteurs.

Toutefois, les trois rapports qui forment la structure globale de la PAC n’ont été approuvés que par la commission agriculture du Parlement européen, et n’ont pas atteint la session plénière.

Cela signifie que ce sera à la Conférence des présidents du prochain Parlement, après les élections de mai, de décider de faire avancer le projet de rapport en plénière ou de demander à la prochaine commission sur l’agriculture de recommencer à zéro.

« Nous avons tout fait pour que les États membres et les agriculteurs se concentrent là-dessus pour leur avenir », a expliqué Phil Hogan, « et pour la première fois je pense que nous avons réussi. »

Phil Hogan espère que les États membres prendront leurs propres initiatives et que les discussions avec la présidence roumaine déboucheront sur quelque chose de positif et aideront les agriculteurs et producteurs à comprendre le potentiel de la bioéconomie.

Le secteur agricole attend beaucoup de la bioéconomie

Les agriculteurs français envisagent avec attention les opportunités offertes par l’association de la biologie et de la technologie. La réduction des intrants et l’optimisation de l’utilisation des végétaux pourraient améliorer la rentabilité du secteur.

 

 

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