La convergence externe de la PAC divise les États membres

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Un groupe d’États membres opposé au maintien du processus de « convergence externe » dans la prochaine politique agricole commune (PAC) a critiqué la présidence finlandaise du Conseil de l’UE pour sa position sur la question.

Un document officieux sur le cadre financier pluriannuel (CFP) appelant à la dissolution du processus de convergence externe de la prochaine PAC circulerait actuellement parmi les États membres.

La convergence externe a été introduite par la réforme sur la PAC de 2013 et elle vise à réduire les différences entre les aides octroyées par hectare dans l’Union depuis l’élargissement à l’Est. Elle prévoit ainsi que les enveloppes des paiements directs disponibles pour chaque État membre soient progressivement harmonisées.

Bien que le document n’ait aucun signataire, il stipule qu’une initiative semblable avait été lancée en avril 2018 par la Belgique, Chypre, le Danemark, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas et la Slovénie.

Aux yeux des défenseurs de l’initiative, si la convergence externe demeure dans la prochaine PAC, les plans de modernisation et le marché interne en pâtiront.

Le document indique que l’harmonisation des aides financières octroyées par hectare est tout à fait inéquitable et inefficace.

Sous la pression des pays de l’Europe de l’Est, la présidence finlandaise a introduit un nouveau critère relatif à la convergence externe, contraignant les États membres à assurer une aide minimum de soutien par hectare d’ici à 2027.

Toutefois, le montant des enveloppes de paiements directs n’a pas encore été défini et fera l’objet de prochaines négociations.

« Le budget de la PAC doit être maintenu pour garantir une agriculture durable »

Si un juste équilibre n’est pas trouvé entre les ressources et les obligations de la politique agricole commune (PAC) après 2020, l’avenir de l’agriculture et de l’espace rural européen sera incertain, estime Stavros Arachovitis.

Prêts à croiser le fer

« Nous avons relancé toutes nos initiatives sur la convergence externe, car nous croyons que nous nous sommes enfermés dans des choix qui n’étaient pas les bons et qui n’étaient pas durables pour nos agriculteurs », a déclaré la ministre italienne de l’Agriculture, Teresa Bellanova, à la suite du Conseil Agripêche qui a eu lieu lundi (16 décembre).

Interrogé sur l’opposition des certains États membres à la proposition finlandaise, le ministre finlandais de l’Agriculture, Jari Leppä, ne semblait pas particulièrement inquiet, avançant qu’il s’agissait de points sur lesquels les ambitions et les souhaits au sein du bloc divergeaient.

« Je suis certain que nous pouvons aller de l’avant et que nous parviendrons à trouver un compromis. Il est normal que les États membres aient des avis différents sur la question », a-t-il dit.

La convergence externe est un sujet auquel le nouveau commissaire polonais à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, est particulièrement sensible.

Lors de sa deuxième audition devant le Parlement européen, il avait appelé l’UE à être plus ambitieuse et à prendre une décision radicale sur la convergence externe, ajoutant qu’une solution équitable devait être trouvée. 15 ans après l’élargissement de 2004, le fossé entre anciens et nouveaux États membres ne devrait plus exister, avait-il ajouté.

Lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil Agripêche, Janusz Wojciechowski a affirmé qu’il s’entretenait actuellement avec les États membres et qu’un compromis sur le processus d’harmonisation était envisageable.

« Les pays qui ont des rémunérations supérieures craignent la convergence, car ils ne veulent pas que leurs agriculteurs perdent quoi que ce soit », a-t-il enchéri. Toutefois, pour ce dernier, aucun exploitant agricole en Europe ne jouirait d’un niveau de vie très élevé grâce à la convergence.

« Personne ne dit que toutes les aides par hectare devraient être égales à travers le bloc. Mais nous devrions essayer d’augmenter les rémunérations là où elles sont trop basses », a-t-il précisé.

Toute ambition d’accroître le degré de convergence externe dépend d’un accord final sur le prochain budget à long terme de l’UE (2021-2027), a souligné M. Wojciechowski. « C’est là que tout commence », a-t-il conclu.

La Finlande propose un budget de l’UE moins ambitieux que prévu

La présidence finlandaise du Conseil de l’UE a proposé un budget égal à 1,06 % du revenu national brut (RNB) du bloc pour 2021-2027, un chiffre en dessous de l’objectif du Parlement européen et de la Commission européenne.

Le cadre de négociations …

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