Lancement d’une consultation européenne sur l’équité dans la chaîne alimentaire

Les circuits courts font partie de la solution.

L’exécutif s’interroge sur l’équité de la chaîne alimentaire, qui défavorise souvent les petits agriculteurs au profit des puissants intermédiaires comme Lactalis en France.

La Commission invite agriculteurs, citoyens et autres parties concernées à partager leurs vues sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire via une consultation en ligne ouverte jusqu’au 17 novembre.

Dans le monde agricole, nombreux sont les producteurs qui peinent à survivre dans un contexte de frais croissants accompagnés de prix de vente en baisse et de la perte de certains marchés d’export.

Les petits exploitants sont souvent les plus touchés, parce qu’ils n’ont pas de levier suffisant pour arracher de bons accords aux grandes entreprises de distribution, comme les supermarchés ou distributeurs de lait. Les profits ont donc tendance à s’accumuler au niveau des intermédiaires, alors que les agriculteurs ne récoltent que des marges limitées.

« Les agriculteurs sont le premier maillon de la chaîne, sans eux il n’y aurait pas d’aliments à traiter, vendre et consommer. Pourtant, on note qu’ils restent souvent le maillon faible de la chaîne », regrette Phil Hogan, commissaire à l’agriculture.

En novembre 2016, le groupe de travail sur l’agriculture mis en place par la Commission a publié une série de recommandations pour la protection des producteurs face à la chaîne d’approvisionnement mondiale. Ces recommandations incluent notamment l’amélioration de la transparence du marché, de la coopération entre agriculteurs et de l’accès aux financements.

Les quatre défis des états généraux de l’alimentation

Promesse de campagne du candidat Macron, les états généraux de l’alimentation ont officiellement été lancés le 20 juillet dans le centre de conférences du ministère des finances à Paris. Une journée marquée par l’optimisme et l’ampleur des réformes. Un article de notre partenaire, le JDLE.

Circuits courts

Dans une résolution datant de l’année dernière, les eurodéputés ont reconnu que la promotion des circuits courts, qui limitent le nombre d’intermédiaires, faisait partie de la solution.

Non seulement les circuits courts permettent aux producteurs d’augmenter leurs marges de profits, mais ils limitent également l’impact écologique de l’alimentation et assurent que les produits offerts sont toujours frais et de saison.

En 2016, une étude de l’eurobaromètre a révélé que quatre citoyens européens sur cinq estimaient important de renforcer le rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement.

L’enquête montre aussi que les circuits courts permettraient aux producteurs de vendre leurs produits à un meilleur prix en supprimant les intermédiaires. Les circuits courts profitent également à l’économie locale en favorisant l’emploi, notamment parce que les méthodes de production de petite envergure demandent davantage de main d’œuvre.

Il faudra cependant trouver une solution plus large au problème des revenus des agriculteurs, étant donné que la demande ne peut être complètement satisfaite par la production locale.

« Le système alimentaire européen est complexe. D’autres moyens doivent aussi être mis en avant pour limiter les pratiques injustes, comme la réduction du temps de paiement », souligne Pekka Pesonen, secrétaire général de la Copa-Cogeca, l’association européenne des agriculteurs et coopératives agricoles.

Les circuits courts s'imposent chez les agriculteurs européens

Les marchés locaux, sur lesquels agriculteurs et producteurs vendent directement au consommateur, se sont multipliés ces dernières années, autant dans les villes qu’à la campagne.

 

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