Compromis sur la pêche en Méditerranée occidentale

Un accord quasi-définitif a été trouvé sur la pêche en Méditerranée occidentale, selon le communiqué publié le 5 février par le Conseil européen. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

La Méditerranée détient toujours le record mondial de surpêche. Selon le Comité scientifique, technique et économique européen de la pêche (STECF), elle touche 80 % des stocks évalués d’espèces démersales* en Méditerranée occidentale, qui s’étend du détroit de Gibraltar à la Sardaigne. Un résultat aux antipodes de l’objectif zéro surpêche visé par la politique commune de la pêche (PCP) dans l’ensemble des eaux européennes en 2020, même s’il a baissé de 10 % entre 2014 et 2016.

Vital pour les ressources, ce premier plan de pêche dédié à la Méditerranée occidentale reste encore flou. S’il prévoit quelques objectifs ambitieux, comme une fermeture temporaire du chalutage, il s’accompagne de dérogations dont la portée reste impossible à évaluer aujourd’hui. Tout dépendra de la façon dont les États membres utiliseront le système d’exemptions.

La réduction de la surpêche prend l’eau en Méditerranée

Le plan de gestion adopté par la commission Pêche du Parlement européen interdit le chalutage jusqu’à 100 m de profondeur trois mois par an, mais prévoit de fortes dérogations. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Fermeture floue

Ainsi, une fermeture annuelle du chalutage est prévue pendant trois mois dans la zone côtière (jusqu’à 6 milles nautiques) et jusqu’à 100 mètres de profondeur. « Les pays pêcheurs semblent toutefois pouvoir y déroger en s’appuyant sur les meilleurs avis scientifiques ou en prouvant qu’ils réduisent par ailleurs de 20 % les prises de merlu juvéniles », décrypte Nicolas Fournier, chargé de mission à l’ONG Oceana, qui a suivi les négociations.

RMD vs effort de pêche réduit

Autre bémol : l’objectif d’atteindre le rendement maximum durable (RMD) en 2020 pourrait être reporté à 2025 si une réduction de l’effort de pêche est observée à hauteur de 10 % par an et de 40 % en 5 ans. La période de référence choisie a toutefois été rétablie à 2015-2017 contrairement à la position des eurodéputés de la commission Pêche qui voulaient se reporter à une période plus faste (2012-2017).

Autres incertitudes : les États membres ont désormais la possibilité d’étendre à 15 heures la durée maximale d’une journée de pêche (voire 18 h dans certains cas) contre 12 h en moyenne aujourd’hui dans l’UE.

Parlement zappé

Cet accord a été trouvé en faisant fi d’un vote du Parlement européen en séance plénière, suite au vote d’un amendement, le 10 janvier dernier, par les eurodéputés de la commission Pêche. Une première en matière de pêche. Avant d’être définitif, ce compromis doit encore être adopté formellement par le Comité des représentants permanents (Coreper) le 14 février, par les eurodéputés de la commission Pêche le 19 février et par le Parlement en séance plénière. Il remplacera ensuite les plans nationaux des pays pêcheurs, France, Espagne et Italie, jugés insuffisants par l’Union européenne.

 

 

*Qui vivent à proximité du fond de la mer, comme le merlu, le rouget de vase, la crevette rose, le turbot, le flétan, la cardine, et la sole.

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