Coronavirus : faut-il s’inquiéter d’une pénurie alimentaire ?

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La question de l’approvisionnement alimentaire inquiète en pleine épidémie de coronavirus. Si le riz ou les pâtes connaissent des ruptures de stock dans les rayons des supermarchés, la pénurie alimentaire est encore loin.

Le réflexe de stockage alimentaire des français n’a pas attendu le passage au « stade 3 » de l’épidémie. Depuis plusieurs jours, la population française s’est mise à faire des réserves de nourriture, allant parfois jusqu’à dévaliser les rayons des supermarchés en pâtes, riz ou autres produits d’épicerie.

Et sur les réseaux sociaux, les photos des rayons d’aliments de longue conservation complètement vides viennent entretenir l’angoisse de se retrouver sans provisions.

Sur la semaine du 2 au 8 mars, le cabinet d’études Nielsen a d’ailleurs relevé  une tendance nette de hausse dans les achats des consommateurs, alors que la variabilité des ventes en hyper et supermarché est traditionnellement assez faible.

Ainsi, l’institut a relevé une augmentation de 5,6%  des ventes de produits de grande consommation en hypers et supermarchés. Les ventes des produits d’épicerie (pâtes, riz, conserves…) ont quant à eux bondi de 21,1% et de 12,3% pour les produits de toilette et d’hygiène.

La hausse des achats en magasin s’explique à la fois par le réflexe d’approvisionnement, mais aussi par la baisse de l’activité de la restauration hors domicile. Fermeture d’école et de cantine, baisse de fréquentation des restaurant ont entraîné une hausse mécanique des achats.

Réflexe de stockage

Les ruptures de stocks ponctuelles peuvent-elles mener à une pénurie alimentaire si l’épidémie se poursuit ? Pas à court termes. Mais pour répondre aux inquéitude et organiser l’approvisionnement du territoire, les producteurs, industriels et distributeurs ont cependant été convié le 10 mars par le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances.  Objectif : sécuriser la production et l’approvisionnement des magasins.

« Producteurs, industriels et distributeurs sont en ordre de marche pour faire face à l’augmentation des achats constatée ces deux dernières semaines. Ils travaillent à des plans de continuation de fabrication et d’approvisionnement, quel que soit le nombre de salariés qui peuvent être momentanément absents dans leurs entreprises et magasins. » a assuré le ministère de l’Agriculture dans un communiqué à l’issue de la réunion.

« Il n’y a pas de raison de paniquer sur la disponibilité et sur l’approvisionnement : il y a des ruptures, mais il n’y a pas de pénuries » a affirmé Michel-Edouard Leclerc, le patron de Leclerc sur BFMTV et RMC. « On a de la bouffe en France jusqu’à l’été », a-t-il même lancé.

Aucune mesure de rationnement ne devrait être mise en place en France, à l’inverse du Royaume-Uni, où Tesco limite depuis le 9 mars les achats à cinq produits pour les pâtes, les lingettes antibactériennes, les gels et le lait à longue conservation.

Pour autant, « à l’exception des razzia qu’on a pu observer sur le riz ou les pâtes, pour l’instant les effets sur le secteur agroalimentaires est restreint » explique Thierry Pouch, économiste aux Chambres d’Agriculture.

Le déclenchement du stade 3 et de mesures de confinement à l’image de ce qui est mis en place en Italie pourrait toutefois perturber plus durablement le secteur. « La question de l’impact de la crise du coronavirus sur la production agricole va se poser à ce moment-là » explique l’économiste.

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