De plus en plus de PFAS se retrouvent dans les fruits et légumes de l’UE

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Selon les auteurs de l’étude, qui couvre des données au niveau de l’UE entre 2011 et 2021, la proportion de produits contenant des résidus de pesticides PFAS a augmenté de 220 % pour les fruits et de 274 % pour les légumes. [SHUTTERSTOCK/baibaz]

Les citoyens de l’UE sont de plus en plus exposés à des cocktails de pesticides PFAS — ces « produits chimiques éternels » que la Commission européenne a renoncé à interdire l’année dernière. C’est ce que révèle une étude réalisée par plusieurs ONG européennes de protection de l’environnement.

« La proportion de fruits et légumes contenant des résidus de pesticides PFAS dans l’UE a presque triplé au cours de la décennie », peut-on lire dans l’étude publiée mardi (27 février).

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) ont la réputation de résister à la dégradation dans des milieux naturels et peuvent donc avoir un impact sur la santé humaine.

Les PFAS sont utilisés à grande échelle dans divers secteurs industriels pour leurs propriétés antiadhésives, thermorésistantes et imperméabilisantes, ainsi que dans les emballages alimentaires et les préparations de pesticides, ce qui entraîne la présence de résidus dans des produits alimentaires et dans l’eau potable.

En janvier 2023, quatre pays de l’UE — l’Allemagne, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas — ainsi que la Norvège ont demandé à l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de lancer une nouvelle évaluation des risques liés aux PFAS.

La Commission européenne a publié en 2020 une « stratégie sur les produits chimiques pour la durabilité » visant, entre autres, à éliminer progressivement les PFAS à moins qu’il ne soit « prouvé qu’ils sont essentiels pour la société ».

Cependant, l’exécutif européen n’a pas encore fait de proposition en ce sens.

« L’autorisation de pesticides à base de PFAS, souvent utilisés dans des mélanges, met en évidence des lacunes importantes dans l’évaluation des pesticides tant au niveau européen que national », a déclaré Angeliki Lysimachou, responsable scientifique pour l’ONG Pesticide Action Network Europe, ajoutant que leur persistance et leurs propriétés toxiques « auraient dû conduire rapidement à leur interdiction ».

Polluants « éternels » : l’Agence européenne des produits chimiques évalue une possible interdiction

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a publié une proposition très attendue visant à restreindre l’utilisation de 10 000 substances synthétiques dangereuses pour la santé, le processus d’évaluation doit commencer en mars.

Tendances à la hausse

Selon l’étude, entre 2011 et 2021, la proportion de produits contenant des résidus de pesticides PFAS a augmenté de 220 % pour les fruits et de 274 % pour les légumes, et des résidus de 31 pesticides PFAS différents ont été détectés dans ces produits dans l’UE.

En 2021, 20 % des fruits cultivés dans l’UE contenaient des résidus d’au moins un pesticide PFAS — un nombre qui a triplé en 10 ans. Pour les légumes, il s’agit de 12 %.

Si un pourcentage plus faible de légumes (12 %) est contaminé par des résidus de pesticides PFAS que les fruits (20 %), certains légumes sont tout de même « aussi fréquemment contaminés que les fruits en tête du classement », peut-on lire dans le rapport. Les taux les plus élevés concernent les endives (42 %), les concombres (30 %) et les poivrons (27 %).

En ce qui concerne les fruits, les variétés d’été sont les plus fréquemment contaminées avec les fraises (37 %), les pêches (35 %) et les abricots (31 %) en tête de classement, « contenant souvent des cocktails de trois à quatre PFAS différents dans un seul fruit » précise l’ONG belge Nature et Progrès dans un communiqué.

L’ONG belge ajoute également que « les agriculteurs ne savent généralement pas qu’ils pulvérisent des polluants éternels sur leur culture » et que bien que « les limites maximales de résidus (LMR) détectées dans l’étude » soient conformes à la législation, celle-ci ne repose pas sur une évaluation environnementale et sanitaire des effets cocktails (combinaison des substances).

Les auteurs de l’étude notent également que les Pays-Bas, la Belgique, l’Autriche, l’Espagne, le Portugal et la Grèce sont les principaux producteurs d’aliments contaminés par les PFAS au sein de l’Union.

En 2021, les PFAS les plus fréquemment détectés dans les produits contaminés de l’UE sont le fongicide fluopyrame, l’insecticide flonicamide et le fongicide trifloxystrobine.

PFAS dans des fœtus : des conséquences sur la santé à long terme

Un an après la proposition d’interdiction universelle des polluants chimiques éternels, plus connus sous le nom de PFAS, dans l’UE, une nouvelle étude révèle que les PFAS affectent les humains dès le stade du développement du fœtus.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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