Des représentants d’organisations agricoles de tous les pays d’Europe Centrale et de l’Est se sont réunis mardi (13 février) en Pologne pour convenir de l’organisation de manifestations communes intereuropéennes contre la politique agricole de l’UE.
La porte-parole de la Chambre agraire tchèque, Barbora Pánková, a déclaré à Euractiv que les délégations de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Pologne, de la Hongrie, de la Lituanie et de la Lettonie s’étaient mises d’accord sur l’organisation des manifestations internationales et coordonnées.
« D’autres pays européens ont été invités à se joindre à eux », a-t-elle ajouté, affirmant qu’une première journée de manifestations aurait lieu le 22 février.
« Les organisations agricoles participant à la réunion d’aujourd’hui (13 février) ont écouté notre appel à s’unir pour relever les défis existentiels auxquels nous sommes tous confrontés », a déclaré Jan Doležal, président de la Chambre agraire tchèque, dans un communiqué de presse.
Les manifestants prévoient de se rendre en voiture aux postes-frontières, mais rien d’autre n’a été précisé à ce sujet.
Selon M. Doležal, la coordination entre les agriculteurs européens est la seule possibilité d’« attirer l’attention sur la situation désespérée dans laquelle se trouve actuellement l’agriculture européenne et de faire pression sur les responsables politiques européens pour qu’ils prennent enfin des mesures qui aideront réellement les agriculteurs ».
Les agriculteurs d’Europe de l’Est ont identifié trois problèmes principaux qui doivent être résolus impérativement. Premièrement, l’élimination de l’excédent de produits agricoles provenant des importations ukrainiennes exemptes de droits de douane. Deuxièmement, l’UE doit adapter les réglementations environnementales et garantir une compensation équitable aux agriculteurs. Enfin, une simplification de la politique agricole commune de l’UE afin de réduire la bureaucratie à laquelle les agriculteurs sont confrontés.
La Commission européenne a déjà fait quelques concessions. Par exemple, elle a prolongé l’exemption partielle de la règle de conditionnalité pour les terres en jachère. En outre, la Commission retirera la proposition de règlement qui aurait réduit l’utilisation des pesticides chimiques et les risques qui y sont associés de 50 % d’ici à 2030.
Toutefois, les agriculteurs restent insatisfaits des mesures prises par l’UE. Si la Commission européenne ne présente pas un plan permettant de résoudre de manière réaliste tous les problèmes évoqués, les actions frontalières annoncées se répéteront, a déclaré la Chambre agraire tchèque.


