Des députés LREM demandent une interdiction rapide du glyphosate

Le Round Up fait polémique depuis des années. [Global Justice Now/Flickr]

54 députés de La République en marche (LREM) signent une tribune dans Le Monde pour un abandon rapide de l’herbicide, « cancérogène probable ». La question doit être débattue  à Bruxelles le 25 octobre.

54 des 310 députés de La République en marche (LREM) ont demandé, dans une tribune au Monde mise en ligne le 22 octobre, l’interdiction « le plus rapidement possible » du glyphosate dans l’Union européenne, au nom de « la santé de tous ».

Le Parlement européen réclame une interdiction du glyphosate dès 2020

Alors qu’une initiative citoyenne européenne contre le glyphosate amasse l’adhésion des Européens, les eurodéputés souhaitent que l’autorisation du produit phytosanitaire soit renouvelée pour une période de 3 ans, contre les 10 proposés par la Commission. Les États membres devront trancher le 25 octobre.

Cette prise de position intervient alors que les pays de l’Union européenne doivent se prononcer mercredi sur la réautorisation du glyphosate, un herbicide très utilisé en agriculture dont la dangerosité est au cœur d’une controverse : le Centre international de recherche sur le cancer (OMS) l’a classé « cancérogène probable » en 2015, contrairement aux agences européennes, l’Efsa et l’Echa.

« La France votera contre le renouvellement de son utilisation pour dix ans et nous nous félicitons de la position responsable de notre pays », font valoir les signataires, parmi lesquels Matthieu Orphelin, ex-bras droit de Nicolas Hulot dans sa fondation, Sandrine Le Feur, agricultrice, le professeur en médecine Jean-Louis Touraine ou encore l’ex-ministre de l’Écologie Barbara Pompili.

Pour une agriculture d’excellence

« Sortir du glyphosate, tout en accompagnant comme il se doit les agriculteurs dans cette transition, dans un calendrier court et réaliste, est un bon compromis », écrivent-ils, en avançant non seulement l’argument de la santé mais aussi celui du bien de la planète.

Les agences européennes accusées de dissimuler des preuves contre le glyphosate

Les avocats qui poursuivent Monsanto en justice aux États-Unis accusent les agences européennes de sécurité alimentaire d’avoir « délibérément écarté certaines études » dans leur évaluation de la dangerosité du glyphosate.

Ils demandent aussi de voter contre le glyphosate « pour accompagner notre agriculture: parmi les défenseurs du glyphosate, l’argument qui revient en boucle est qu’il évite les passages mécaniques avant la mise en culture suivante. C’est effectivement le cas. Mais que voulons-nous vraiment? Continuer dans un système totalement dépendant des produits chimiques et qui arrive à bout de souffle – un système qui rend les agriculteurs asservis à l’agro-industrie – ou alors inventer une agriculture d’excellence, qui combine qualité nutritionnelle, respect de l’environnement et santé publique? » demandent-ils, convenant qu’ « il est de notre devoir d’accompagner les agriculteurs dans cette transition » pour remplacer ce produit.

Cette tribune est publiée alors que s’est formée la semaine dernière à l’Assemblée une mission d’information sur les produits phyto-sanitaires, composée d’élus de toutes tendances issus des commissions des Affaires économiques, sociales, et du Développement durable, où siège notamment Matthieu Orphelin.

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