Des OGM interdits trouvés dans des aliments pour animaux

Les aliments concernés étaient destinés aux ruminants, aux porcs et aux saumons. [Copycat37/Shutterstock]

Des OGM non autorisés dans l’UE ont été détectés dans des aliments pour animaux en France, a fait savoir la direction de la répression des fraudes, confirmant une information du Monde, qui pointait une faille dans la législation européenne.

« Il y a eu un contrôle de la DGCCRF [direction de la répression des fraudes] fin 2017 dans une entreprise en France où des anomalies ont été trouvées suite à la présence d’OGM non autorisées en Europe dans de l’alimentation animale », a indiqué l’agence.

Selon une porte-parole de la Commission européenne, suite au signalement par la France, les autres États membres de l’UE ont été alertés. « Étant donné que les produits ne sont pas autorisés, ils sont de facto interdits, donc ils doivent être retirés du marché », a-t-elle expliqué à l’AFP.

Les produits en question sont des bactéries génétiquement modifiées mortes, qui « ont servi à produire des acides aminés utilisés comme additifs dans l’alimentation animale pour les ruminants, les porcs et les saumons », précise Le Monde, pointant du doigt des « filiales française du géant agroalimentaire Ajinomoto ».

« Les substances citées dans l’article du journal Le Monde ont été placées sur le marché européen suite à une erreur administrative », a expliqué dans un communiqué le groupe japonais, qui se présente comme le « premier producteur mondial d’acides aminés par fermentation ».

« Dès que nous avons pris connaissance de cette situation, toutes les démarches nécessaires auprès des autorités nationales et européennes ont été entreprises », a-t-il ajouté, s’engageant à « suivre les standards les plus élevés en matière de santé, de sécurité et de traçabilité ».

Un collectif réclame l’étiquette «nourris aux OGM»

Le beurre, les œufs, le poisson et les autres aliments que nous consommons sont-ils issus d’animaux nourris aux OGM ? Un collectif réclame un étiquetage obligatoire des produits alimentaires, une revendication déjà ancienne au nom du droit des consommateurs à la transparence.

Les produits mis en cause auraient servi à fabriquer de l’alimentation animale expédiée notamment en Estonie, d’où elle a été redistribuée en Roumanie, Lituanie, Lettonie, Hongrie et Italie.

Selon Le Monde, qui indique avoir consulté deux avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’EFSA estime impossible de tirer des conclusions en termes de sécurité des consommateurs.

« Cette affaire est scandaleuse à plusieurs niveaux », a réagi dans un communiqué Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace France, dénonçant notamment le « manque de traçabilité des aliments » dans l’UE.

« Depuis quand considère-t-on acceptable de nourrir des vaches, des cochons, des saumons avec des aliments produits avec des bactéries génétiquement modifiées ? Une fois de plus, malgré les scandales de la vache folle, des lasagnes à la viande de cheval, de la grippe aviaire, les multinationales, avec la complicité de l’Union européenne, continuent de jouer aux apprentis-sorciers au mépris du principe de précaution et du respect du consommateur », a-t-elle ajouté.

Actuellement, une soixantaine d’organismes génétiquement modifiés sont autorisés dans l’UE à des fins d’alimentation humaine et animale, dont l’écrasante majorité est importée.

Les salmonelles sont de retour en Europe, et pas que chez Lactalis

Les cas de salmonellose chez l’humain avaient été divisés par deux entre 2004 et 2009, mais de nouvelles statistiques montrent que les bactéries sont de retour. Un problème pour l’agroalimentaire et le secteur de la santé, mais aussi pour les décideurs politiques.

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