Des pistes pour développer la bioéconomie

En France, 24 % de la valeur ajoutée de la bioéconomie provient de l'agriculture.

Pour aider à s’affranchir des énergies fossiles, l’UE veut faire plus d’efforts dans le développement de la bioéconomie. Bon élève, la France peut toutefois progresser en mettant l’agriculteur au cœur du processus.

En Union européenne, la bioéconomie génère 2 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un chiffre important, car il regroupe plusieurs secteurs d’activités comme l’agriculture, l’agro-alimentaire, les biocarburants et toutes les activités biosourcées. La France, deuxième contributrice derrière l’Allemagne, pèse 316 milliards d’euros, dont la moitié d’agro-alimentaire.

L’économie du vivant, qui repose sur la production ou la transformation de biomasse (matière organique d’origine végétale ou animale utilisable comme source d’énergie), vise notamment à répondre à l’enjeu du changement climatique.

La viabilité du modèle en question

Mais pas seulement. « Ce qui est compliqué, c’est que la bioéconomie cherche à répondre à plein d’enjeux en même temps », explique Marie-Cécile Damave, responsable innovations et marchés chez AgriDées, laboratoire d’idées pour le développement du secteur agricole. Sont cités pêle-mêle le développement durable, la sécurité alimentaire ou la gestion des déchets.

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L’exécutif européen veut favoriser la bioéconomie pour s’affranchir des énergies fossiles. Sans trancher sur le débat des bioénergies et de leur impact sur la forêt.

Compliqué mais pas impossible. « La compétitivité est notre objectif, avance Luc Esprit, administrateur d’AgrIdées, qui veut défendre une agriculture d’entreprise.

Pas d’augmentation de la dépense publique

L’une des idées est de mieux rémunérer les exploitants agricoles s’engageant dans cette filière avec les PSE (Paiements pour Services Environnementaux), financés par les fonds RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise) des entreprises privées.

“On ne plaide pas pour une augmentation du soutien public (ni de l’État ni de l’UE)”, précise Marie-Cécile Damave, qui propose également d’utiliser le crédit d’impôt pour la recherche en vue de stimuler l’innovation dans le secteur.

Le besoin est là. “Il faut des bio-fertilisants pour pouvoir s’affranchir de la chimie de synthèse, très décriée par nos concitoyens, presse Marcel Lejosne, chef d’entreprise agricole et membre d’AgriDées. Mais l’opinion publique n’est pas toujours moteur : les riverains ont souvent du mal à accepter l’implantation d’usines de méthanisation, notamment en raison de l’odeur qu’elles dégagent. La production de biogaz est pourtant un des enjeux majeurs de la bioéconomie.

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