Des truffes blanches cultivées en France, une « première mondiale »

La truffe blanche, de son petit nom scientifique tuber magnatum Pico, est extrêmement rare. Elle ne se développe que dans les régions des Balkans, en Italie, plus rarement en Suisse et dans le Sud-est de la France. [Alessandro Cristiano]

C’est une petite révolution dans le monde de la trufficulture. Des chercheurs français ont réussi à produire des plants de truffes blanches. Ces dernières n’étaient auparavant récoltées qu’en forêt.

C’est la star des champignons. La truffe blanche italienne, avec sa couleur ocre et ses arômes intenses, pourrait désormais être cultivée dans l’Hexagone comme l’ont annoncé en grande pompe des chercheurs de l’Institut nationale de la recherche agronomique (Inrae) et les pépinières Robin. Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi (16 février), les partenaires à l’origine de cette révolution trufficole n’ont pas mâché leurs mots : il s’agit d’une « première mondiale » car comme l’a expliqué le directeur de recherches à l’Inrae, Claude Murat, « la truffe blanche se récolte encore exclusivement en forêt », contrairement à sa cousine la truffe noire qui est cultivée « à plus de 80% en plantation ».

3000 euros au kilo

La truffe blanche, de son petit nom scientifique tuber magnatum Pico, est extrêmement rare. Elle ne se développe que dans les régions des Balkans, en Italie, plus rarement en Suisse et dans le sud-est de la France. Tandis que les récoltes de ce champignon prisée des grands restaurants ont diminuée ces dernières années, ses prix ont explosé : un kilogramme de truffes blanches représente désormais entre 1 500 et 3 000 euros.

Ce champignon souterrain, dont l’association avec un arbre – souvent des chênes, des peupliers ou des tilleuls – est essentiel à son développement, était il y a encore quelques années relativement méconnu des scientifiques. « Les nombreux essais de culture de truffe blanche, qui ont eu lieu en Italie entre 1980 et 1990 n’ont pas été fructueux », a expliqué Claude Murat. « La principale raison est que l’apparence des mycorhizes [cellules résultant de la symbiose d’un arbre et de champignons, ndlr ] qu’on pensait être de truffes blanches était erronée. »

Grâce aux analyses ADN effectuées au début des années 2000, les scientifiques ont finalement pu reconnaître les mycorhizes de truffes blanches. En 1999, des chercheurs de l’Inrae, en collaboration avec les pépinières Robin des Hautes-Alpes, ont alors commencé à produire leurs propres plants contenant la précieuse truffe blanche. Comme le souligne un article paru mardi 16 février dans la revue scientifique Myccorrhiza, les chercheurs ont pu noter que leur champignon se maintient dans le sol trois à huit ans après plantation. Pour ce faire, cinq sites ont été étudiés réparties dans des régions au climat divers, Rhônes-Alpes, Bourgogne-Franche Comté et Nouvelle Aquitaine. Ce dernier site s’est révélé fécond : « En 2019 et 2020 deux récoltes ont pu avoir lieu », se félicite le directeur de recherches.

Dérèglement climatique

Cette innovation scientifique est porteuse d’espoir pour un secteur trufficole mis à mal par le réchauffement climatique. « La culture de la truffe blanche est possible », a conclu Claude Murat, face au secrétaire d’État chargé de la Ruralité, Joël Giraud, qui a salué la découverte des chercheurs français.

Ce procédé de plantation ne manquera pas d’intéresser des scientifiques en France et en Italie, terres historiques dans la culture de la truffe, mais aussi dans d’autres pays du monde – Espagne, Royaume-Uni, Amérique, Australie, Nouvelle Zélande – où la culture du luxueux champignon connaît un essor notable.

Les insectes, aliments au « potentiel énorme » pour les objectifs de durabilité de l’UE

Alors que la très attendue stratégie « De la ferme à la table » de la Commission sera présentée d’ici peu, Euractiv s’est penché sur le potentiel que représente la nourriture à base d’insectes pour la politique alimentaire de l’UE.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer