La propagation du COVID-19 par les aliments serait peut probable

Bernhard Url, le directeur exécutif de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). [EFSA]

Le coronavirus peut survivre sur certaines surfaces. Mais les règles sur la sécurité alimentaire en vigueur dans l’UE assurent un niveau élevé de protection contre les aliments contaminés, selon le directeur de l’EFSA.

Le chef de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), s’est entretenu avec Euractiv Croatie en marge du 75e forum consultatif de l’organisation. La réunion aurait dû avoir lieu les 1er et 2 avril à Osijek, où se trouve l’agence croate de sécurité alimentaire, mais elle a été transformée en événement virtuel en raison de la pandémie de COVID-19.

Conformément à la déclaration publiée par l’EFSA le 9 mars, son directeur exécutif souligne qu’il n’existe actuellement aucune preuve que les aliments constituent une source ou une voie de transmission potentielle du virus.

« La transmission est liée aux voies respiratoires. Le virus se propage par les gouttelettes produites lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue », relève-t-il.

Une personne infectée peut contaminer les aliments en les préparant ou en les manipulant avec des mains sales ou par le biais de gouttelettes infectieuses. Bernhard Url souligne cependant que les règlements de l’UE en matière de sécurité alimentaire assurent un niveau élevé de protection contre les aliments contaminés.

Selon lui, l’UE a mis en place des règles strictes qui garantissent un niveau élevé de sécurité alimentaire, notamment des mesures de biosécurité et de bonnes pratiques d’hygiène concernant les travailleurs du secteur alimentaire.

Ces mesures protègent déjà les consommateurs contre d’autres types d’infections, pas seulement contre le coronavirus, ajoute-t-il.

« Je ne saurais trop insister sur l’importance de respecter des normes d’hygiène élevées, y compris dans nos foyers, lorsque nous préparons des aliments », poursuit-il, ajoutant que l’hygiène est essentielle, non seulement pour prévenir le COVID-19 mais aussi tout type d’infection alimentaire.

« Nous pouvons tous prendre des précautions simples, comme laver, voire désinfecter toutes les surfaces et ustensiles en contact avec les aliments, nous laver les mains et cuire correctement les aliments », indique-t-il.

Bernhard Url :« l’EFSA doit suivre l’innovation pour pouvoir l'évaluer au mieux»

Se doter des bonnes méthodes pour évaluer l’évolution rapide de l’innovation dans l’industrie agroalimentaire constituera un défi majeur pour l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA), affirme son chef, Bernhard Url.

Bernhard Url souligne en outre que ce virus, comme les autres coronavirus connus, est sensible aux températures de cuisson.

Les autorités sanitaires belges ont récemment décidé que les restaurants et les cafétérias ne pourraient plus servir des steaks et des viandes saignantes.

Cette décision est conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de sécurité alimentaire. L’agence onusienne insiste notamment sur le respect de bonnes pratiques d’hygiène lors de la manipulation et de la préparation des aliments, telles que se laver les mains, cuire complètement la viande et éviter toute contamination croisée entre les aliments cuits et non cuits.

Interrogé sur les données scientifiques qui permettent de conclure à l’absence de transmission par la consommation d’aliments, le directeur de l’EFSA mentionne l’expérience acquise lors de précédentes épidémies de coronavirus apparentés, comme le SRAS et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Il relève également que des autorités sanitaires telles que l’OMS ou la Food and Drug Administration (FDA) américaine s’accordent sur le fait que les aliments ne constituent pas un vecteur d’infection.

« Cela dit, nous surveillons de près la littérature scientifique, à la recherche de toute information nouvelle et pertinente », ajoute-t-il.

Les coronavirus sont une grande famille de virus qui sont communs chez les animaux et les humains et ils sont l’une des principales raisons du rhume qui affecte une grande partie de la population chaque année.

« Le nouveau virus SRAS-CoV-2 semble suivre ce schéma, car il affecte les voies respiratoires », martèle Bernhard Url. « Jusqu’à maintenant, nous n’avons aucune preuve que des humains ont subi une infection au coronavirus qui aurait été transmise par la nourriture. »

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.