Élections en Allemagne : les positions des principaux partis en matière agricole

Le 26 septembre prochain, les Allemands seront appelés aux urnes. En matière agricole, les programmes des six principaux partis sont marqués par des différences importantes quant aux objectifs - et aux moyens. [Westlight - Torsten Asmus/Shutterstock]

À deux mois des élections fédérales en Allemagne, le 26 septembre prochain, que proposent les grands partis pour l’agriculture ? Rémunération, pesticides, agriculture durable, bien-être animal : tour d’horizon des principales promesses. 

Une agriculture « forte et durable » : voici le maître mot des conservateurs (CDU) qui mènent actuellement dans les sondages avec 29,3 % des intentions de vote. Le parti de la chancelière sortante Angela Merkel souhaite créer « plus de valeur et de valorisation » pour l’agriculture allemande en misant sur la transition vers l’agriculture biologique, la digitalisation et l’innovation.

Toutefois, si la transition agroécologique est de mise, il serait important de la mener « en coopération avec les agriculteurs et non contre eux ». Au niveau européen, la CDU estime que la nouvelle Politique agricole commune (PAC) constitue un « changement de système » vers une agriculture plus verte. Le parti soutient en outre que la PAC devra continuer à garantir des revenus à travers des paiements directs liés au nombre d’hectares.

Un point de vue qui n’est pas du tout partagé par les écologistes (Bündnis 90/Die Grünen), deuxième parti le plus fort dans les sondages avec 19 % des intentions des votes. « La PAC doit devenir un instrument pour une politique agricole écologique et non pour l’industrialisation de l’agriculture comme par le passé », écrit le parti dans son programme électoral.

Les Verts souhaitent en outre « sensiblement » diminuer l’emploi de pesticides, notamment par l’introduction d’une taxe sur les produits phytosanitaires, et interdire immédiatement les produits les plus nuisibles à l’environnement. Le parti promet également de vouloir lutter contre les prix de dumping pour les produits agroalimentaires afin de garantir des revenus dignes aux agriculteurs.

La France et l'Allemagne appellent à la fin du broyage des poussins

L’année 2022 sera l’année de la fin du broyage et gazage des poussins. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie en début de semaine, emboîtant le pas à l’Allemagne. Ensemble, les deux partenaires appellent le reste des États membres à suivre leur exemple.

Des revenus justes et de meilleures conditions de travail pour les agriculteurs, c’est aussi au programme des sociaux-démocrates (SPD). Actuellement crédité de 15,8 % des intentions de vote, le parti au pouvoir aux côtés de la CDU depuis 2013 souligne le « rôle central » de l’agriculture dans la lutte contre le changement climatique et promet un soutien financier axé sur la compétitivité de l’agriculture écoresponsable.

La politique agricole européenne devrait également passer des paiements directs à l’hectare aux financements sur fond d’engagements pour le climat, l’environnement et le bien-être animal, soutient le parti. La souffrance animale au nom de profits économiques serait « injustifiable », affirment les sociaux-démocrates, qui souhaitent introduire de nouvelles limites pour le nombre d’animaux au mètre carré et réduire l’emploi d’antibiotiques.

Du côté des libéraux (FDP), dotés de 11,4 % des intentions de vote, l’accent est en revanche presque entièrement mis sur l’innovation et la viabilité économique de l’agriculture allemande. Moins de bureaucratie, moins de paiements directs à l’hectare aussi, pour en revanche soutenir davantage les investissements et la recherche : voici une demande clé du parti qui se dit entre autres ouvert au développement de plantes génétiquement modifiés en vue d’une agriculture plus durable et adaptée aux défis du temps.

Pour renforcer l’agriculture, les libéraux exigent en outre des conditions de compétition plus justes dans l’ensemble du marché commun. Il fallait également aider les agriculteurs à devenir moins dépendants des programmes d’urgence nationaux pour faire face aux suites du réchauffement climatique, soutiennent-ils, et cela notamment en créant une épargne de compensation de risque libre de taxes.

Loi climat : les principaux points à retenir en matière d’agriculture et d’alimentation

Réduction des engrais émetteurs de gaz à effet de serre, menus végétariens à l’école, souveraineté alimentaire : la loi climat adoptée ce mardi (20 juillet) par l’Assemblée nationale et le Sénat vise à rendre l’agriculture et l’alimentation françaises plus durables.

Le programme de l’extrême-droite (AFD) – dotée de 10,4 % des intentions de vote – en matière agricole est quant à lui marqué par une grande méfiance envers notamment la Politique agricole commune : « La PAC a jusqu’alors engendré plus de dégâts que de bénéfices », fustige le parti qui souhaite que la politique agricole redevienne la responsabilité unique des États nationaux.

Si le parti dit en outre vouloir œuvrer en faveur d’une plus grande souveraineté alimentaire allemande avec des produits de qualité, peu lui importe si ces produits proviennent de l’agriculture biologique ou conventionnelle. Profondément climatosceptique et niant tout lien entre l’activité humaine et le réchauffement climatique, l’extrême-droite allemande oppose également la stratégie nationale de réduction des engrais qui serait « contraire aux bonnes pratiques agricoles » et mettrait en danger de nombreuses cultures.

Ces affirmations sont diamétralement opposées à celles de la gauche (Die Linke), qui recueille actuellement 6,9 % des voix dans les sondages. Si le parti souhaite également une réforme « fondamentale » de la PAC, c’est pour lier ses financements à des critères verts et sociaux de manière « conséquente ». Le parti exige une agriculture « socialement juste axée sur le bien commun », avec notamment plus d’agriculture biologique, des circuits courts et une restauration scolaire aux produits bio et régionaux « abordables ».

La gauche souhaite également interdire le glyphosate et les néonicotinoïdes et créer davantage de transparence ainsi que des règles plus strictes pour l’autorisation des produits phytosanitaires. Enfin, le parti demande la fin de l’élevage industriel et promet d’apporter son soutien aux systèmes de culture plus respectueux du climat, des sols et de la biodiversité.

UE : feu vert des 27 pour viser 25% d'agriculture bio d'ici 2030

Les ministres européens de l’Agriculture, réunis à Bruxelles, ont donné lundi (19 juillet) leur feu vert à un « plan d’action » visant à consacrer au moins 25% des terres agricoles de l’UE à l’agriculture biologique d’ici 2030, contre 8,5% actuellement.

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