En pleine pandémie, les travailleurs roumains corvéables à merci

Des saisonniers roumains attendent en masse pour pouvoir partir travailler à l'étranger. [EFE/EPA/MANASES SANDOR ROMANIA]

La contamination de 200 Roumains dans un abattoir allemand souligne la précarité des employés des secteurs agricole et alimentaire, souvent issus des pays de l’Est. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Depuis 2018, Florin, 38 ans, fait la navette entre son village de Dragoslavele, au nord-ouest de Bucarest, en Roumanie, et un abattoir situé à Rheda-Wiedenbrück, dans la région allemande de Rhénanie-du-Nord–Westphalie. Six mois au travail et trois semaines au pays. Il n’attend que de pouvoir repartir. « Je suis rentré en octobre, car mon beau-père a eu un souci. Sinon je serais encore là-bas. Les conditions de travail et d’hygiène y sont bonnes, mes compatriotes qui sont restés ne se plaignent pas », confie-t-il.

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300 ouvriers contaminés

Certes, le boulot est dur et le salaire peu élevé : 6 € net de l’heure, soit 1 450 € par mois à raison de soixante heures par semaine. Mais il a le mérite de tomber tous les mois et « sans mauvaises surprises », se contente Florin. Et qu’importent les risques : 300 ouvriers viennent d’être contaminés par le Covid-19 dans un abattoir de Birkenfeld, en Rhénanie-Palatinat, à l’ouest de l’Allemagne ; les deux tiers étaient roumains, comme 500 des 700 employés. Une main-d’œuvre moins regardante sur les conditions de travail.

Début avril, 80 000 Roumains ont « bénéficié » d’une ouverture exceptionnelle des frontières pour se rendre, en charters, en Allemagne pour aller cueillir des asperges. Au départ enthousiastes en cette période de crise économique, ils racontent les promesses non tenues, la paye au kilo au lieu de 13 € de l’heure, la promiscuité à six par chambre et l’absence de chauffage. Voulant quitter les lieux, certains se sont retrouvés à errer sur les routes après avoir récupéré, non sans mal, leurs papiers d’identité.

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