Épisode de gel : Jean Castex promet 1 milliard d’euros pour soutenir les agriculteurs touchés

En visite chez des viticulteurs frappés par la vague de froid début avril, Jean Castex a annoncé ce week-end "des mesures exceptionnelles dictées par les circonstances exceptionnelles ». [Sylvain Thomas/epa]

Le gouvernement compte débloquer des aides importantes pour les agriculteurs frappés par la vague de froid en ce début d’avril. Jean Castex a notamment annoncé une « année blanche » pour les cotisations sociales ce week-end.

Des « mesures exceptionnelles dictées par les circonstances exceptionnelles » : c’est ce qu’a promis le Premier ministre aux agriculteurs français lors de son déplacement dans l’Hérault samedi (17 avril). Il s’agirait là d’une « question de survie pour nombre d’exploitants » après la « catastrophe climatique » subie il y a deux semaines.

Parmi ces mesures d’urgence, Jean Castex a annoncé une année blanche en termes de cotisations sociales ainsi qu’un dégrèvement de la taxe foncière « pour tous les agriculteurs concernés ». Le gouvernement compte également débloquer des crédits d’urgence en déplafonnant les calamités agricoles « pour le porter aux taux maximums et les appliquer aux secteurs où elles ne s’appliquent pas » – en particulier donc la viticulture. Enfin, le Premier ministre a évoqué des aides à travers un « fonds de solidarité nationale exceptionnel » pour permettre aux agriculteurs de faire face à la perte de leur chiffre d’affaires.

« Nous avons besoin d’une agriculture forte, c’est une question de souveraineté », a fait savoir M. Castex sur Twitter le même jour, assurant que « nous allons aider chaque exploitant à se relever » et que « aucune exploitation ne sera laissée sans solution ». « Au plus fort de la crise sanitaire, nous n’avons jamais manqué de produits frais sur nos étals […] car nos agriculteurs étaient là, présents, pour nous », a-t-il rappelé, insistant que « cette fois, c’est nous qui devons être au rendez-vous de la solidarité ».

Toutefois, si les aides promises par le gouvernement doivent permettre de remédier aux pertes subies dans le court terme, quid des futurs aléas climatiques ? Car « les évènements climatiques de nature de celui de la semaine dernière ont tendance à se multiplier », a rappelé le Premier ministre. Une problématique à laquelle ni les mesures d’urgence existantes ni le système assurantiel sont aujourd’hui adaptés, comme l’ont affirmé plusieurs représentants des filières touchés à EURACTIV la semaine dernière.

« L’épisode de gel qu’ont connu la quasi-totalité des vignobles français a révélé une faille dans le système de gestion de risques de notre pays », soutient aussi l’Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV) dans une lettre adressée au ministre de l’Agriculture Julien Denormandie vendredi (16 avril). Les auteurs de ce courrier rappellent que « la majorité des agriculteurs et des viticulteurs ne sont pas assurés contre les risques climatiques », à cause d’un dispositif d’assurance « trop peu attractif pour les professionnels ». Un dispositif qu’il faudrait donc « repenser dans sa globalité » – en réfléchissant notamment à un fonctionnement simplifié, une baisse du seuil de déclenchement des pertes de rendement ou encore l’augmentation du taux de subvention.

S’il n’en a pas défini les contours, le Premier ministre a, de son côté, reconnu comme « indispensable » la réforme du système assurantiel pour le secteur agricole. Enfin, en réponse à la problématique climatique, « nous allons doubler les enveloppes dédiées à l’adaptation à long terme de notre agriculture aux aléas et au changement climatiques », a annoncé M. Castex. En d’autres termes, 100 millions d’euros de plus que prévu seront alloués à la recherche et l’innovation au titre du plan de relance français.

Des moyens qui devraient entre autres aider les exploitants à s’équiper en matériels plus efficaces dans la protection des cultures alors que la recherche de variétés plus résistantes aux extrêmes météorologiques par modification génétique reste interdite en France.

"Le fonds des calamités agricoles n'est plus adapté par rapport au changement climatique que nous vivons"

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