L’EFSA présente un plan intégré d’évaluation des risques pour les pollinisateurs

L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a présenté ses premiers projets vers la création d’un cadre intégré d’études d’incidences pour les abeilles domestiques, qui vise à contribuer à l’élaboration des futures évaluations environnementales. [SHUTTERSTOCK]

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a présenté ses premiers projets vers la création d’un cadre intégré d’étude d’incidence pour les abeilles domestiques, qui vise à contribuer à l’élaboration des futures évaluations environnementales.

Le cadre « MUST-B » vise à regrouper plusieurs facteurs de stress, notamment chimiques, biologiques ou liés à des aspects environnementaux, tels que le changement climatique et les pratiques agricoles, dans un cadre unique d’évaluation des risques.

Il se compose de deux parties : un modèle de simulation d’une colonie d’abeilles, appelé ApisRAM, et un système de surveillance, avec des données circulant entre les deux.

Ces données de surveillance seraient collectées à partir d’un réseau de « ruches sentinelles » équipées de capteurs numériques provenant de zones climatiques et de paysages représentatifs de l’UE et connectées à une plateforme de stockage et d’analyse des données.

Bien que le cadre ait été élaboré pour les abeilles domestiques, il est également envisagé de l’appliquer aux bourdons, aux abeilles solitaires et à d’autres insectes pollinisateurs.

L’idée est de comprendre les effets cumulatifs des facteurs de stress, tels que les pesticides, sur les pollinisateurs et l’environnement au sens large.

En outre, cette démarche contribuerait à la réalisation des objectifs du Pacte vert pour l’Europe, car la réduction de l’utilisation et des risques liés aux pesticides et l’inversion du déclin des pollinisateurs sont deux des « appels à l’action » inscrits respectivement dans les stratégies « de la ferme à la table » et « biodiversité » du Green Deal.

L’avis scientifique sur l’approche à adopter, qui est encore à l’état de projet et en attente des résultats d’une consultation publique, répond aux appels de la Commission, qui a demandé à l’EFSA d’esquisser une méthodologie intégrée et holistique de l’évaluation des risques de multiples facteurs de stress chez les abeilles domestiques en 2018.

Les représentants concernés espèrent que l’avis scientifique final sera publié cet été.

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Une approche « une seule culture, un seul pesticide » ? 

Les produits phytopharmaceutiques (PPP) ne peuvent être approuvés que s’ils n’ont aucun effet aigu ou chronique sur la survie et le développement de la colonie, compte tenu des effets sur les larves d’abeilles et le comportement des abeilles domestiques.

Toutefois, dans le cadre juridique actuel, l’évaluation des risques est menée comme une approche « une seule culture, un seul pesticide ».

Présentant le projet d’avis lors d’une récente réunion de la commission de l’environnement du Parlement européen, Simon More, président du comité scientifique de l’EFSA, a déclaré que cette approche pouvait contribuer à mieux refléter la complexité de l’environnement.

« Ce qu’il est vraiment important de souligner, c’est que l’objectif de cet avis scientifique est de se tourner vers l’avenir et de chercher à identifier un moyen de gérer les risques de manière appropriée, étant donné la complexité à laquelle nous sommes confrontés. Nous sommes confrontés à des environnements où il y a des produits chimiques existants, des environnements où il y a de nombreux facteurs de stress », a-t-il soutenu.

Agnès Rortais, responsable scientifique de l’EFSA, a ajouté que l’avis se concentrait sur « l’évolution future dans le domaine de l’évaluation des risques environnementaux, en allant au-delà de l’approche de l’évaluation des pesticides sur une seule culture ».

Plus de zones sans pollution dans l’UE

En réponse à une question de la députée européenne verte Jutta Paulus sur les bases de comparaison de ces nouvelles approches, et si celles-ci devaient être comparées à des environnements propres, M. More a souligné qu’il n’y a plus de zones exemptes de pollution dans l’UE. « Peut-on calibrer [l’évaluation des risques] sur des environnements où il n’y a pas de pollution ? La réponse est non ».

« Ce que nous cherchons à faire, c’est calibrer le modèle pour de nombreux environnements différents dans l’UE. Cela nous permettra ensuite de tester essentiellement l’impact potentiel des nouveaux produits chimiques compte tenu de tous les problèmes existants », a-t-il conclu.

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