La sécurité alimentaire de l’UE passe l’épreuve du COVID-19

Herbert Dorfmann (PPE), le coordinateur à la Commission de l’agriculture du Parlement européen. [EP/CUGNOT]

La chaîne d’approvisionnement et le système de sécurité alimentaire de l’UE s’avèrent extrêmement résistants au coronavirus, selon Herbert Dorfmann (PPE), coordinateur à la Commission de l’agriculture du Parlement européen.

Lors d’un webinaire organisé par la plateforme SME Connect sur la garantie des normes de sécurité alimentaire pendant la crise sanitaire, l’eurodéputé Herbert Dorfmann a souligné que l’opinion publique avait exclu toute implication de l’industrie alimentaire dans la propagation du virus.

« La population fait confiance au secteur alimentaire, à une époque où la nourriture vaut beaucoup plus cher que d’autres marchandises », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement réagit également bien aux défis posés par la pandémie, notamment en ce qui concerne la mise à disposition de nourriture pour tous.

« Nous avons vu des supermarchés vides. Ce n’est pas dû à [un problème] d’approvisionnement, mais au fait que les gens achètent plus que ce dont ils ont réellement besoin », a-t-il expliqué.

Comme le secteur alimentaire pourrait être mis sous pression dans les semaines à venir, Herbert Dorfmann conseille de tester le fonctionnement de la politique agricole commune (PAC) afin d’éviter toute perturbation des marchés.

Lors de la téléconférence, l’eurodéputé a mentionné les problèmes rencontrés par le secteur de la viande hachée, en raison de la fermeture des chaînes de restauration rapide comme Burger King ou McDonald’s. Une baisse de la consommation qui joue aussi sur le prix de la viande, a-t-expliqué.

Les appels à la création de stocks alimentaires européens se multiplient

Pour éviter la dégringolade des prix ou la destruction de certains produits alimentaires, producteurs et élus demandent à la Commission de mettre en place des stocks alimentaires.

« À un certain point, nous devrons intervenir, et nous verrons si le mécanisme dont nous disposons aujourd’hui fonctionne », a-t-il ajouté, en précisant que ce test permettra aussi d’améliorer les instruments de gestion des crises de l’UE dans le cadre des pourparlers sur la réforme de la PAC après 2020.

Pendant le webinaire, Giorgio Ferraris, directeur de la société italienne Fine Foods & Pharmaceuticals et conseiller pour SME Connect, a expliqué comment son entreprise basée à Bergame, l’une des villes les plus touchées par le coronavirus en Italie, s’y prenait pour protéger ses travailleurs et l’industrie manufacturière pendant la crise.

La firme italienne, bien que située dans l’un des foyers du COVID-19, a réussi à se protéger en modifiant considérablement son fonctionnement : travail par roulement, confinement dès l’apparition des premiers symptômes, désinfection des surfaces éventuellement contagieuses…

Début février, une équipe responsable de la sécurité alimentaire avait déjà proposé des mesures de protection des travailleurs. Ces dispositions se sont avérées être identiques aux consignes de sécurité données ensuite par le gouvernement italien.

« Je pense que les entreprises ont un rôle à jouer pour éduquer les citoyens et les sensibiliser aux risques », a déclaré Giorgio Ferraris.

Selon lui, les PME comme la sienne, plus sensibles aux risques microbiologiques et de contamination, comprennent mieux que quiconque ce qui se passe dans le secteur alimentaire. Elles jouent donc un rôle clé pour aider la population à comprendre l’ampleur de la crise.

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