Des satellites pour mieux réguler l’agriculture européenne

La Commission européenne envisage de confier aux satellites la surveillance des parcelles  recevant des subventions de la Politique agricole commune.

La surveillance de parcelles dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) a toujours été un casse-tête pour les États membres de l’UE, les contrôles nationaux sur le terrain ayant toujours été totalement inefficaces.

Néanmoins, le développement rapide des technologies de l’espace offre une occasion unique d’améliorer la surveillance et de simplifier les procédures, affirment les responsables européens.

Selon un porte-parole de la Commission, l’exécutif est très ouvert à l’utilisation de nouvelles technologies pour améliorer la gestion financière de la PAC : « nous sommes aussi conscients du fait qu’une utilisation plus intelligente des applications de smartphones, des photos géolocalisées, des outils open source peut permettre de réduire le fardeau du processus du contrôle ».

Le budget de la PAC sous pression face au Brexit

Seule politique européenne financée à 100% par l’Union, la Politique agricole commune est de nouveau au cœur d’une réflexion pour une réforme après 2020, sous la menace de voir son budget réduit au profit de nouvelles initiatives.

Nouvelles propositions

L’Union européenne dépense environ 40 % de son budget dans les subventions à l’agriculture, mais l’argent n’atterrit pas toujours là où il devrait. En mai 2017, la Cour des comptes européenne a souligné la nécessité d’améliorer les dépenses liées à l’agriculture.

Selon la Commission, l’utilisation de technologies de l’espace pourrait simplifier plusieurs aspects de la gestion et des contrôles de la PAC tout en réduisant le nombre d’inspections sur le terrain.

« Nous analysons actuellement la possibilité d’introduire de nouvelles propositions pour encourager les États membres à utiliser des technologies novatrices dans leurs systèmes de contrôle », explique une responsable européenne, tout en ajoutant que les autorités nationales pourraient être formées à l’utilisation des images du satellite Sentinel du programme spatial européen Copernicus.

Le programme Copernicus est conçu pour soutenir la mise en place et la surveillance des politiques européennes, comme la PAC, au niveau national ou régional. Il fournit des informations comme l’occupation des terres, la valeur naturelle des terres et la fragmentation du paysage entre terres naturelles et semi-naturelles.

Les données officielles collectées par le satellite Sentinel de Copernicus sont fournies gratuitement une fois par semaine à travers l’UE, rappelle le responsable. Cela donne déjà aux organismes payeurs un grand potentiel pour compléter leurs contrôles sur le terrain.

« Dans un avenir proche, la surveillance des parcelles grâce aux données Sentinel pourrait même complètement remplacer certains contrôles sur place plus classiques », a ajouté le porte-parole.

« La numérisation est une aubaine pour l'agriculture »

La propriété et l’accès aux données devraient améliorer la compétitivité des agriculteurs, selon le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan.

Vers l’agriculture de précision

Les technologies de l’espace seront aussi d’une aide essentielle pour les techniques d’agriculture de précision, permettant une utilisation optimale des intrants afin de « produire plus avec moins » tout en protégeant l’environnement.

« L’agriculture intelligente devrait être la nouvelle norme à l’avenir », a récemment déclaré le Parti populaire européen de centre droit (PPE) dans un document sur la PAC après 2020.

Le PPE propose de reporter la réforme de la PAC

Exclusif. Le Parti populaire européen estime que Bruxelles doit s’occuper du Brexit et instaurer un cadre financier stable pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE « avant de lancer les discussions sur la future réforme » de la Politique agricole commune.

Le système européen de navigation par recouvrement géostationnaire (EGNOS), déjà utilisé pour éliminer les déchets et accroître le rendement des cultures, est un bon exemple de l’agriculture du futur. Aujourd’hui, 72 % des agriculteurs européens dépendent d’EGNOS, qui a permis de réduire de 30 % la quantité de travail nécessaire pour l’agriculture biologique.

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