L’UE encourage la lutte contre l’obésité à l’école

Au vu du temps que les enfants passent à l'école, les établissements scolaires semblent être l'endroit idéal pour soutenir une alimentation équilibrée. [Maryland GovPics/Flickr]

Alarmée par la progression de l’obésité infantile, la Commission européenne invite les États membres à prendre des mesures en faveur de repas plus équilibrés dans les écoles.

Un rapport publié par la présidence maltaise de l’UE et la Commission européenne le 22 février encourage les États à s’attaquer à l’obésité infantile dès le plus jeune âge en vue d’encourager des habitudes alimentaires saines.

« Vu le temps que les enfants passent à l’école, et du fait que dans de nombreux pays européens les élèves y consomment au moins un repas principal, les établissements scolaires semblent être l’endroit idéal pour soutenir une alimentation équilibrée », peut-on lire dans le rapport.

Un meilleur accès à une alimentation équilibrée dans les écoles contribuerait au développement de meilleures habitudes alimentaires chez les enfants, réduirait l’incidence de l’obésité infantile et améliorerait les performances scolaires ainsi que le taux d’assiduité.

Le rapport fournit également les grandes lignes pour faciliter le processus. Les entreprises du marché européen de la restauration collective pourraient en outre être récompensées si elles fournissent des repas et des produits alimentaires équilibrés, et si elles investissent dans de nouveaux moyens d’améliorer la santé publique.

La Commission évoque des moyens de simplifier le processus d’approvisionnement en nourriture équilibrée pour les écoles en établissant une liste d’aliments et de services d’alimentations jugés sains. Par exemple, les principaux groupes alimentaires et nutriments ainsi que les procédés de préparation devront être spécifiés.

>> Lire : Les pays européens inégaux devant l’obésité infantile

« À huis clos »

Si l’association FoodDrinkEurope a affirmé soutenir l’idée générale du rapport, elle pense que celui-ci aurait plus de sens s’il impliquait des parties prenantes. « Nous considérons les repas servis dans les cantines comme un excellent outil parmi tous les moyens déployés pour réduire le surpoids et l’obésité. En plus de garantir la qualité des repas, une telle approche aide également à répandre de bonnes habitudes alimentaires », a souligné Mella Frewen, directrice générale de FoodDrinkEurope. « Nous regrettons en revanche que les parties prenantes n’aient pas été invitées à participer au projet et que les débats se soient déroulés à huis clos », a-t-elle ajouté.

Selon elle, les normes alimentaires dans les établissements scolaires devaient avant tout reposer sur la science. « À cet égard, il est difficile d’accepter que certains aliments pris indépendamment soient qualifiés de ‘sains’ sans aucune preuve scientifique. Il est bien plus pertinent de prendre en considération des repas équilibrés dans leur ensemble », a-t-elle indiqué.

Nestlé retire 18 000 tonnes de sucre du marché

Entre-temps, la multinationale Nestlé s’est engagée à enlever 18 000 tonnes de sucre de ses produits vendus en Europe d’ici 2020, soit 5 % de sucre en moins sur le marché européen. L’entreprise a reconnu que l’objectif de réduction du sucre allait de pair avec les plans d’action de la Commission européenne et des États membres pour promouvoir la santé et réduire l’obésité.

D’après Marco Settembri, vice-président de Nestlé, « étant donné qu’un enfant sur trois est aujourd’hui en surpoids ou obèse, il est évident que nous devons agir pour offrir aux jeunes une alimentation plus équilibrée, et participer à la promotion d’un style de vie plus actif ».

Bart Vandewaetere, chargé des relations avec les institutions européennes chez Nestlé, a confié à Euractiv qu’avoir une bonne alimentation était de plus en plus reconnu comme un facteur-clé pour rester en bonne santé à long terme. « Aujourd’hui plus que jamais, les consommateurs sont informés sur la question de l’alimentation saine et y prêtent attention. Ils sont également prêts à dépenser plus pour acheter des produits de qualité, ou à ne pas acheter du tout des aliments qui n’en vaudraient pas la peine », a-t-il remarqué.

>> Lire : Bercy s’attaque à l’obésité avec une taxe sur l’alimentation

Changer les goûts des consommateurs

Sur la question de l’évolution des goûts, Bart Vandewaetere a indiqué que les consommateurs étaient désormais habitués aux saveurs sucrées et qu’ils avaient du mal à accepter qu’un produit subisse un changement radical. « Changer les préférences des consommateurs nécessite une approche impliquant différentes parties prenantes. Aucune organisation ne peut surmonter cette difficulté de manière individuelle », a-t-il déclaré.

Pour Bart Vandewaetere, on ne parviendra à changer les préférences des consommateurs que si l’industrie agroalimentaire dans son ensemble, y compris les marques privées, travaille de manière unie. « À l’heure où les pays européens adoptent des plans d’action sur l’amélioration des produits alimentaires, il faut saisir l’occasion pour élaborer un cadre européen, une réglementation européenne unique. Cela stimulera l’innovation et assurera un avenir plus sain pour l’Europe », a souligné Bart Vandewaetere.

Discussions au sein de l’UE

La Commission européenne dirige actuellement les travaux d’un groupe d’experts sur la question de l’alimentation et de l’activité physique, auxquels participent également des représentants des gouvernements européens. L’objectif pour tous les États membres est de créer des programmes de réforme nationaux d’ici fin 2017 et d’ainsi permettre aux supermarchés de vendre, à des prix abordables, des produits pauvres en sel, en sucres ou en graisses.

D’après des sources de la Commission, l’exécutif aurait réalisé des progrès conséquents dans le soutien apporté aux États membres pour le changement de la législation alimentaire. « Il est primordial de donner aux citoyens une véritable chance de faire des choix plus sains », ont expliqué les sources européennes.

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