Les grands chocolatiers réclament une approche européenne dans le secteur du cacao

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Plusieurs entreprises chocolatières ont appelé l’UE à renforcer les exigences en matière de respect des droits de l’homme et des normes environnementales à l’égard des sociétés productrices de cacao.

La chaîne d’approvisionnement du cacao a souvent été sous le feu des critiques. D’aucuns accusent en effet l’industrie d’exploiter des enfants et de  ne pas lutter contre la déforestation. En cause, des normes médiocres en matière de gouvernance et une application insuffisante de la législation.

Les producteurs de chocolat comme Barry Callebaut AG, Mars Wrigley et Mondelez International se sont associés à l’Alliance Rainforest, au réseau VOICE et à Fairtrade pour rédiger un document de synthèse conjoint sur l’approche politique et réglementaire que l’UE doit adopter sur le cacao.

Dans son document, le groupe réclame en particulier une approche paneuropéenne sur les contrôles préalables à effectuer tout au long de la chaîne d’approvisionnement et qui s’alignerait sur les principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Selon le collectif, une telle disposition « profiterait à tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, car elle établirait un train de mesures claires et précises et un objectif commun ».

La fraude à la certification gangrène la filière cacao en Côte d’Ivoire

Les forêts protégées de Côte d’Ivoire fournissent une grande partie du cacao produit dans le pays. Ce cacao illégal est ensuite commercialisés par les grands chocolatiers, sans que les procédures de certification ne troublent ce commerce illicite.

 

Il avance en outre que l’UE étant la plus grosse importatrice et consommatrice de cacao au monde, elle a, en ce sens, plus de pouvoir que n’importe quel autre consommateur pour faire changer les choses dans le secteur du cacao, notamment par le biais d’actions juridiquement contraignantes afin de pallier ces problèmes.

L’alliance souligne également que les sociétés actives dans le cacao ont la responsabilité de mener des contrôles en amont afin d’identifier les risques de déforestation et de violation des droits de l’homme et de prendre des actions adéquates pour y remédier.

Par ailleurs, les géants chocolatiers appellent l’UE à négocier des accords bilatéraux avec les gouvernements de pays producteurs de cacao et à établir un cadre législatif au sein du bloc pour garantir que les entreprises effectuent des vérifications préalables relatives aux droits humains et environnementaux dans leurs chaines d’approvisionnement.

Ces actions encourageraient la mise en place d’une production de cacao durable, elles accroîtraient la confiance des consommateurs et permettraient de maintenir la demande de cacao sur le long terme.

Certes, des efforts ont été accomplis, notamment en matière de certification, et plusieurs entreprises ont volontairement lancé des initiatives concernant leur chaine d’approvisionnement, mais ces dernières n’impliquent jamais tous les acteurs concernés.

« C’est un signe puissant prouvant qu’il est grand temps de prendre des mesures pour mettre fin à la déforestation et aux violations des droits de l’homme qui ont entaché la réputation de l’industrie du cacao pendant des dizaines d’années. […] Il est nécessaire d’adopter des lois pour fixer des obligations claires à tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, car laisser cette industrie s’autoréguler n’est pas suffisant », a expliqué Julia Christian, conseillère sur les politiques forestières à Fern, une ONG environnementale et de défense des droits de l’homme.

Les grands chocolatiers peinent encore à endiguer la déforestation

Les grandes entreprises chocolatières ont encore du pain sur la planche pour mettre en place de véritables politiques durables, conclut l’ONG américaine Mighty Earth dans un classement des producteurs à destination des consommateurs.

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Selon l’eurodéputée Heidi Hautala, vice-présidente du Parlement européen, l’UE « a la responsabilité de garantir que le cacao qui arrive sur le marché européen ne fasse pas des consommateurs des complices du travail infantile et de la déforestation ».

Pour cette dernière, en plus d’avoir recours à des mesures de contrôle juridiquement contraignantes, l’UE devrait aussi utiliser ses autres instruments, comme l’aide au développement, pour établir des partenariats avec les principaux pays producteurs (le Ghana et la Côte d’Ivoire) ».

« C’est notre devoir de garantir que les enfants puissent aller à l’école et que les plantations de cacao respectent la loi », a-t-elle conclu.

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