La PAC se complexifie au fil des réformes

La prochaine PAC devrait inclure les nouvelles technologies, qui rendront la profession plus attractive aux jeunes générations. [Rictor Norton & David Allen / Flickr]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Agriculture, vers une allocation plus efficace des ressources.

La politique agricole commune de l’UE doit satisfaire de multiples intérêts et ressemble maintenant à un puzzle géant que les réformes successives rendent de plus en plus complexe. Un article de notre partenaire espagnol, EFEAgro.

La politique agricole commune (PAC) remonte à l’Europe d’après-guerre, lorsqu’elle faisait partie d’un grand projet pour rassembler progressivement tous les aspects des activités socio-économiques et empêcher tout conflit à l’avenir.

La PAC est née avec un objectif : aider les agriculteurs européens à devenir rentables sur le long terme. Un de ses aspects clé était d’augmenter les approvisionnements alimentaires en partant du principe que le continent devait s’orienter vers une grande zone commerciale, dans laquelle les produits agricoles et alimentaires seraient harmonisés.

Pour cela, une politique commune était nécessaire pour rendre l’agriculture à travers les États membres aussi équitables que possible.

Une tâche difficile, il n’en fait aucun doute, dont la complexité se reflète dans les réformes successives de la PAC. Les institutions et les États membres essayent tous et tout le temps d’améliorer la politique et de l’adapter aux marchés et à la société, qui eux sont en pleine mutation.

En plein milieu du programme 2014-2020, l’UE commence déjà à parler d’une nouvelle réforme et de nouveaux financements qui seront plus liés à des sujets comme la durabilité.

Attirer les jeunes

En Espagne, les coopératives agricoles ont un œil sur l’actuel PAC et un œil sur ce qui pourrait émerger à l’avenir.

Gabriel Trenzado, directeur des relations internationales chez Cooperativas Agro-alimentarias considère que la PAC dans sa forme actuelle a déclenché un débat sur la volatilité des prix et le déséquilibre dans la chaîne de valeurs.

Il estime toutefois que la prochaine PAC ne contribuera pas au débat. Au lieu de cela, il faut introduire des mesures pour s’attaquer à la volatilité et réajuster la chaine de valeur pour que quelque chose soit fait durant ces périodes de baisse des prix qui affecte autant les producteurs.

Ignacio López, directeur des relations internationales à l’association des jeunes agriculteurs espagnols (ASAJA), assure quant à lui que de nouvelles politiques doivent être proposées pour permettre aux agriculteurs européens d’être compétitifs sur le marché mondial et pour que la transition générationnelle ait lieu.

Il a aussi déclaré que ces outils devaient inclure les nouvelles technologies, qui rendront la profession plus attractive pour la jeune génération, ainsi que le critère de durabilité environnementale, un facteur crucial dans la future réforme. Ignacio López considère que la PAC actuelle est « plutôt satisfaisante » et appelle à lui donner plus de temps pour se développer.

>> Lire : La PAC : quel soutien pour les jeunes agriculteurs ?

Agriculteur « actif »

Un des points les plus importants du débat autour de la PAC actuelle est la définition d’« agriculteur actif », qui détermine grandement combien le candidat recevra de financements.

La distribution équitable des fonds entre les professionnels agricoles était l’un des principaux objectifs des ministres européens de l’Agriculture, mais le secteur espagnol de l’agriculture ne pense pas que cela a été accompli.

José Luis Miguel, de l’association agricole COAG, se demande si la Commission fait vraiment son possible pour définir clairement le concept d’agriculteur actif. Il a insisté sur le fait que les lois actuelles ne parvenaient pas à légitimer ce qui devrait pourtant être le pilier de la réforme en terme de modèle consolidé de production alimentaire, de facteurs sociaux et de durabilité environnementale.

Selon lui, la PAC « continue d’ignorer la nature stratégique du secteur ». Il a ainsi appelé Bruxelles à proposer des politiques permettant de protéger le secteur et de maintenir la vie à la campagne.

Ignacio Senovilla, de l’Union des petits agriculteurs (UPA), estime que le système de régionalisation ne doit pas subir de réformes pour éviter toute instabilité dans la distribution des fonds.

Un des principaux problèmes ayant émergé des réformes successives sont les changements de critères qui complexifient la coordination entre les programmes de financement.

Ignacio Senovilla a par ailleurs souligné l’importance que la PAC a sur l’agriculture d’élevage, un secteur qui reçoit aussi des fonds principalement grâce à un soutien couplé. Selon lui, sans ce système, les brebis, les chèvres et une grande partie du bétail « auraient disparu ».

Les responsables de la Commission ont appelé les eurodéputés à soutenir la structure du budget et, si possible, à présenter d’autres propositions qui rendraient la production animale beaucoup plus solide dans la PAC de 2020.

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