Les faux pesticides handicapent l’économie européenne

L’Allemagne et la France sont les pays qui ont le plus perde à cause des faux pesticides sur leur marché. [Teddy Llovet/ Flickr]

Les pesticides de contrefaçon représentent un lourd fardeau pour l’industrie européenne, les recettes fiscales et les niveaux d’emploi, selon un nouveau rapport.

Le rapport, publié le 8 février, par l’Office de l’UE pour la propriété intellectuelle (EUIPO), estime que l’industrie légitime perd environ 1,3 milliard d’euros de recettes chaque année à cause des pesticides de contrefaçon.

L’impact direct sur l’emploi semble être également considérable. La recherche note en effet qu’environ 2 600 emplois directs sont perdus dans l’UE et qu’en tenant compte des répercussions à plus grande échelle, ce nombre grimperait à 11 700 emplois perdus.

« Si on ajoute à cela les retombées sur les autres industries et sur les revenus du gouvernement, en prenant en compte les effets directs et indirects, la contrefaçon dans ce secteur provoque environ 2,8 milliards d’euros de ventes en moins pour l’économie européenne », indique le rapport.

Antonio Campinos, directeur exécutif de EUIPO, estime que la contrefaçon peut affecter tout secteur économique, y compris l’industrie de la fabrication de pesticides, qui inclut un grand nombre de petite et moyenne entreprises (PME).

Le rapport indique que 400 entreprises européennes de pesticides sur 600 sont des PME employant moins de dix travailleurs et générant 38 % du chiffre d’affaires total du secteur.

Grands perdants

C’est en Allemagne et en France que les pertes sont les plus importantes. Dans un secteur qui pèse 4 milliards d’euros, l’industrie des pesticides allemande perd ainsi 299 millions d’euros et 500 emplois chaque année.

De la même façon, en France, qui est le deuxième plus grand producteur de pesticides en Europe, l’industrie perd environ 240 millions d’euros de ventes et 500 emplois par an.

L’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni perdent respectivement 185, 94 et 76 millions d’euros chaque année.

Impact environnemental

L’association européenne pour la protection des cultures (ECPA), un groupe commercial représentant l’industrie des pesticides, va plus loin, en soulignant l’impact environnemental potentiel des pesticides de contrefaçon.

Graeme Taylor, directeur ECPA des affaires publiques, soutient qu’en plus des recettes perdues, il y a bel et bien des retombées sur l’environnement et la santé des personnes qui les utilisent.

« À une époque où les produits de notre industrie sont rigoureusement testés et examinés, tant au niveau politique que scientifique, la Commission européenne et les autorités nationales devraient être plus actives pour combattre les produits illégaux et de contrefaçon, plutôt que de réduire arbitrairement le nombre de produits légitimes sur le marché », a-t-il déclaré.

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Graeme Taylor explique que via la contrebande et sous couvert d’importations parallèles, ces faux produits entrent sur le marché européen de manière illégale et se présentent sous diverses formes, des lots en vrac de concentré préfabriqués aux biens emballés complètement terminés.

« L’emballage peut-être très basique, sans instruction pour l’utilisateur, ou au contraire être une copie parfaitement reproduite de l’étiquetage original. Il est important de noter que ces produits sont non-testés et violent les règles européennes très strictes qui garantissent que les substances ne présentent pas un risque inacceptable pour l’agriculteur, ses récoltes ou l’environnement », a-t-il mis en garde.

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