GIEC : La lutte contre le réchauffement climatique ne peut pas attendre

Les experts du GIEC se sont retrouvés du 30 avril au 3 mai à Bangkok, en Thaïlande, pour finaliser le rapport du Groupe de travail III, intitulé « Bilan 2007 des changements climatiques : mesures d’atténuation ». Ce troisième rapport, qui porte sur les mesures d’atténuation, souligne l’urgence d’agir.

Le rapport du Groupe de travail III, publié le 4 mai 2007, tente de déterminer les moyens d’atténuer les changements climatiques observés ces dernières décennies. Il démontre que la lutte contre le réchauffement climatique est financièrement possible et que la technologie est disponible, mais prévient que les vingt à trente prochaines années seront cruciales. En effet, selon eux, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent décroître à partir de 2015 si on veut maintenir la hausse de la température mondiale moyenne entre + 2 °C et + 2,4 °C. (Pour plus d’information, lire l’analyse du rapport)

Le rapport indique que la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre coûterait en 2030 entre 0,2 % et 3 % du PIB mondial, mais prévoit certains scénarios où la croissance du PIB mondial pourrait profiter de la maîtrise de l’émission des gaz à effet de serre. Il propose par ailleurs plusieurs pistes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une des solutions préconisées consiste à confiner et brûler les émissions produites par les centrales électriques thermiques. Le rapport suggère également de se tourner davantage vers les énergies renouvelables et d’accroître le recours à l’énergie nucléaire.

Au cours des cinq jours de négociations intenses, des points de friction sont apparus entre les pays représentés. La Chine avait notamment placé plus d’une dizaine d’amendements dans un document préparatoire à la réunion de Bangkok, concernant les évaluations de ces coûts et l’ampleur des moyens à mettre en place. Les autres points de friction ont porté sur le rappel par les pays en développement de la responsabilité historique des nations industrialisées dans les émissions mondiales de CO2 et le nucléaire.

Si le Groupe de travail III du GIEC s’intéresse à ce que l’on peut faire pour empêcher les changements climatiques, le Groupe de travail I (GT I) est lui chargé de faire le point sur les recherches scientifiques, tandis que le Groupe de travail II (GT II) se concentre sur les conséquences de ces phénomènes.

Dans son rapport publié en février 2007, les experts du GT I ont conclu que l’essentiel du réchauffement climatique était « très vraisemblablement dû » aux émissions humaines de gaz à effet de serre, avec une probabilité désormais fixée à 90 %. Leur rapport a par ailleurs donné des prévisions inquiétantes pour 2100 : selon les scénarios, la température moyenne à la surface du globe devrait s’élever entre 1,1 et 6,4°C. Les précipitations augmenteraient dans les hautes latitudes et baisseraient dans les zones subtropicales. Les canicules et vagues de chaleur continueront à être plus fréquentes avec des sécheresses plus longues et plus intenses en zones tropicales et subtropicales. Les cyclones tropicaux seront quant à eux plus intenses mais pas forcément plus nombreux. Enfin, le rapport prévoit une élévation du niveau des océans comprise entre 0,18 et 0,59 mètres.

Les conclusions du rapport du GT II sur les conséquences du changement climatique, publié en avril 2007, étaient pour leur part alarmistes. Les experts ont indiqué qu’au-delà de 2 à 3 degrés supplémentaires par rapport à 1990, le réchauffement climatique aurait des impacts négatifs sur toutes les régions, en précisant que les pays pauvres seraient les premières victimes.

Les négociations sur ce nouveau rapport avaient déjà pris une tournure politique, certains pays, comme la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie ou les États-Unis contestant la teneur de plusieurs paragraphes. Après avoir fait pression sur les experts, ils avaient obtenu que des paragraphes soient modifiés ou supprimés.

Les ONG écologistes ont quant à elles profité de ces rapports pour tirer la sonnette d’alarme et dénoncer les pays qu’elles jugent responsables de cette évolution dramatique du climat. Ainsi, en marge des négociations sur le troisième rapport, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a accusé les États-Unis, premier émetteur de gaz à effet de serre, d’être le « principal coupable » du réchauffement et les a appelés à agir rapidement pour contribuer à l’atténuation du phénomène.

Le quatrième Rapport d’évaluation du GIEC, fruit de la contribution de ses trois Groupes de travail, sera terminé et rendu public le 16 novembre 2007.

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