Glyphosate. Bayer, nouveau propriétaire du Roundup, perd de nouveau en appel aux États-Unis

Le glyphosate, principal composant du Roundup, est néanmoins classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). [ZikG/Shutterstock]

Le géant allemand Bayer, propriétaire de Monsanto depuis 2018, a perdu un appel en justice aux États-Unis. La cour de justice a confirmé que son désherbant Roundup, dont le composant principal est le glyphosate, provoquait des cancers. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Une cour d’appel de San Francisco a confirmé lundi (9 août) un jugement de 2019 en faveur d’un couple qui affirmait être tombé malade après avoir utilisé le désherbant Roundup pendant des années, une décision qui tombe alors que Bayer, le géant allemand désormais propriétaire de Monsanto, fait face à des milliers d’actions de justice aux États-Unis.

La cour a également confirmé la décision d’un juge de réduire très fortement le montant de la compensation accordée par le jury à Alva et Alberta Pilliod, de 2 milliards de dollars à 86,7 millions.

Le glyphosate classé comme cancérogène probable

Depuis le rachat en 2018 de l’agrochimiste américain Monsanto, producteur du Roundup, Bayer affronte une salve de procédures aux États-Unis.

Mardi (10 août), le groupe allemand s’est dit « respectueusement en désaccord avec la décision de la cour » de San Francisco, qui ne s’appuie, selon lui, sur aucune preuve tangible.

« Nous continuons à défendre fermement l’innocuité du Roundup, une position soutenue par quatre décennies de données scientifiques approfondies et les évaluations des principaux organismes de réglementation sanitaire du monde entier qui soutiennent son utilisation sûre », a déclaré un porte-parole du groupe.

Le glyphosate, principal composant du Roundup, est néanmoins classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Bayer a précisé que « Monsanto étudiera ses options juridiques dans cette affaire ». Il prévoit notamment de « déposer une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis ce mois-ci ».

Un « refus intransigeant d’informer le public », selon la Cour

Dans son arrêt, le juge a déclaré que Monsanto avait fait preuve d’un « refus intransigeant d’informer le public » sur les dangers d’un produit qu’elle a rendu largement disponible dans les quincailleries américaines.

« Monsanto savait que les études soutenant l’innocuité du Roundup n’étaient pas valides lorsque les Pilliod ont commencé à pulvériser du Roundup dans leur jardin, sans gants ni équipement de protection, incités par les publicités télévisées », affirme le jugement.

Plombé par ces procédures, Bayer a subi une perte nette de 2,3 milliards d’euros au deuxième trimestre. Le groupe a en effet passé des provisions supplémentaires de 4,5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) pour faire face aux poursuites.

Bayer condamné à payer 25 millions de dollars à un retraité

Il avait signé en juin 2020 un large accord de plus de 10 milliards de dollars pour mettre fin aux quelque 125 000 plaintes. Mais un juge américain a rejeté en mai une partie de ce plan, qui aurait limité le coût des futures réclamations en recours collectif.

Selon le juge, l’accord ne protège pas suffisamment les intérêts des personnes qui ont utilisé le Roundup avant février 2021 et n’ont pas encore été diagnostiquées d’un lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique.

En mai 2021, un tribunal de San Francisco a par ailleurs confirmé une condamnation contre Bayer à payer 25 millions de dollars de dommages et intérêts à un retraité de Californie, Edwin Hardeman, diagnostiqué d’un lymphome non hodgkinien en 2015.

Crédit d’impôt pour sortir du glyphosate : Bruxelles donne son aval à la France

Présentée fin 2020, cette mesure octroie un crédit d’impôt d’un montant forfaitaire de 2 500 euros pour les exploitations agricoles qui renoncent à utiliser du glyphosate en 2021.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe