Glyphosate : le coût de l’abandon chiffré dans la viticulture

L’abandon du glyphosate, pour passer à un désherbage entièrement mécanique, entraînerait un surcoût moyen équivalant à 7,1 % de l’excédent brut des exploitations viticoles, selon une analyse de l’Inrae publiée mercredi 15 janvier. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Voué à disparaître de France d’ici le 1er janvier 2021 (sauf usages où les alternatives manquent), et au 1er janvier 2023 de manière totale, le glyphosate est particulièrement utilisé en viticulture, avec des usages allant de 400 grammes et 1 kg par hectare et par an. Environ 80 % des surfaces viticoles françaises reçoivent un herbicide chimique (66 % de manière mixte avec un désherbage mécanique), du glyphosate pour trois quarts d’entre elles.

Dans un rapport daté de juillet 2019, rendu public mercredi 15 janvier par le ministère de l’Agriculture, cinq experts de l’Inrae [i] ont évalué le surcoût lié au désherbage mécanique par rapport au glyphosate. Pour cela, ils se sont basés sur des études menées par les chambres d’agriculture et par l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), ainsi que sur l’Enquête pratiques culturales en viticulture de 2017 —menée par l’Inrae.

Un surcoût variable selon les régions

Selon cette dernière enquête, les chercheurs évaluent le surcoût à 210 euros par hectare pour les vignes larges et 408 euros/ha pour les vignes étroites, en tenant compte du temps de travail et de l’amortissement du matériel. Le surcoût s’élève dans les régions à faible taille d’exploitation, comme l’Alsace (+553 euros/ha), alors qu’il n’est que de 115 euros dans le Languedoc-Roussillon et de 129 euros/ha dans le Bordelais.

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Les chercheurs ont ensuite comparé ces chiffres aux données économiques des exploitations, recensées dans le réseau d’information comptable agricole (Rica). Résultat : le surcoût, de 250 euros/ha en moyenne, représente de 0,3 à 4,4 % du produit brut (2,6 % en moyenne), de 1 % à 11,5 % de l’excédent brut d’exploitation (7,1 % en moyenne) et de 2 % à 18 % du revenu courant avant impôt (10,6 % en moyenne).

Selon le ministère, cette étude de l’Inrae « vise à fournir à l’Anses des éléments sur les impacts économiques du retrait du glyphosate ». L’agence, qui a récemment procédé à plusieurs retraits d’autorisation de produits à base de glyphosate, travaille actuellement à une évaluation comparative du glyphosate et de ses alternatives, des travaux qu’elle prévoit de publier « d’ici le 31 décembre 2020 ».

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[i] Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. L’Inrae résulte de la fusion, au 1er janvier 2020, de l’Inra et de l’Irstea.

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