Greenpeace s’inquiète des liens entre eurodéputés et agriculteurs

[Shuttertsock]

L’ONG estime que la moitié des eurodéputés de la commission Agriculture du Parlement européen ont des liens étroits avec l’industrie liée à l’agriculture.

Une enquête de Greenpeace montre que 25 des 46 eurodéputés siégeant à la commission agriculture du Parlement ont des liens « étroits » avec l’industrie agricole.

Dans son enquête publiée en 24 mai, Greenpeace souligne que les décisions de la commission parlementaire dédiée à l’agriculture sont prises par une majorité large d’élus ayant des liens étroits avec l’industrie elle-même.

Greenpeace a voulu savoir lesquels de ces élus sont ou ont été agriculteurs, sont bénéficiaires de paiements au titre de la PAC, ont ou ont eu des parts dans les entreprises agricoles, ou ont des conjoints qui possèdent des exploitations agricoles ou des parts dans les entreprises agricoles. L’ONG en a trouvé 25, sur les 46 membres de la Commission.

Huit d’entre eux appartiennent au Parti populaire européen (PPE), de centre droit, trois au groupe socialiste (S&D) et à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), deux au GUE-NGL et aux Verts, alors que les autres viennent de l’ENL et de l’EFDD.

Quatre autres députés ont en outre des liens moins étroits avec le secteur agricole, comme des parents agriculteurs, selon l’enquête.

Euractiv a contacté plusieurs députés européens sur le sujet, sans obtenir de réponse au moment de la publication.

« La diversité des intérêts, des connaissances et de l’expertise est nécessaire. » [Greenpeace]

Le tableau ainsi révélé ne répond pas à la nécessité d’une approche holistique de la politique agricole commune de l’UE, estime Greenpeace, qui considère que la PAC doit également atteindre des objectifs liés à l’alimentation et à la protection de l’environnement, et pas seulement au bien-être des agriculteurs.

« Il ne fait aucun doute que l’expertise agricole a un rôle vital à jouer dans la réforme des règles agricoles de l’UE, mais l’agriculture affecte un grand nombre de domaines, pas uniquement celui de l’industrie agricole, et cela devrait se refléter dans le processus politique », a déclaré Marco Contiero, directeur de la politique agricole de Greenpeace pour l’UE.

« Le Parlement européen devrait donner aux décideurs politiques ayant une expertise en matière de santé publique et d’environnement un véritable mot à dire sur l’avenir de l’agriculture dans l’UE », a ajouté l’expert italien.

Comme c’est le cas ailleurs, note le rapport. Les politiques de l’UE en matière d’énergie et de transport ne sont pas décidées uniquement par les compagnies d’électricité ou les constructeurs automobiles, par exemple. L’industrie agricole ne devrait donc pas être autorisée à se réguler elle-même.

Réactions

Following the publication of this article, Michel Dantin, an MEP of the European People's Party, commented, "Nothing is new under the sun. Those pieces of information are publicly available on the European Parliament's website since 2014."

"The membership in a parliamentary committee is not linked to the parliamentarian's previous functions but to the desire to work on a specific policy field with expertise and knowledge which is always better when taking important decisions. The doors of the Agriculture committee are therefore open to those who wish to work together to improve the Common Agriculture Policy," he added.

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