Premier feu vert de l’EFSA pour la consommation de vers de farine

Les vers de farine sont sans danger pour la consommation humaine selon un nouvel avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), ouvrant la voie à une première approbation à l’échelle de l’UE. [SHUTTERSTOCK]

Les vers de farine sont sans danger pour la consommation humaine selon un nouvel avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), ouvrant la voie à une première approbation à l’échelle de l’Union européenne (UE).

L’avis, qui a été publié mercredi (13 janvier), constitue la première évaluation des risques par l’EFSA et concerne spécifiquement la sécurité du ténébrion jaune séché en tant que nouvel aliment, soit sous forme d’insecte séché entier, soit sous forme de poudre.

Cette étude répond ainsi à la demande déposée par la société française EAP Group Agronutris en 2018.

Bien que les aliments à base d’insectes aient jusqu’à présent été des produits de niche, ils sont considérés comme une solution prometteuse aux défis de durabilité auxquels l’industrie alimentaire est confrontée, offrant une source durable de protéines cultivée avec un minimum de ressources.

D’après l’avis, l’utilisation de cette source alternative est certes sûre, mais l’EFSA soulève tout de même quelques inquiétudes allergéniques, notamment pour ceux souffrant d’allergies aux crustacés et aux acariens.

À ce titre, le groupe scientifique de l’EFSA a recommandé que « des recherches soient entreprises sur le caractère allergénique des vers de farine jaunes ».

« Ces risques sont en effet bien connus des producteurs d’insectes », a expliqué le président de la plateforme internationale des insectes pour l’alimentation humaine et animale (IPIFF), Antoine Hubert, qui a qualifié la publication de l’avis de « jalon important dans le but d’accroître la commercialisation européenne d’insectes comestibles ».

« Le sujet a déjà fait l’objet de plusieurs publications scientifiques et plusieurs sociétés productrices d’insectes ont pris des mesures approfondies pour tenter d’atténuer les risques », a-t-il poursuivi, appelant les institutions européennes à élaborer des dispositions d’étiquetage adaptées afin d’informer les consommateurs européens de manière appropriée.

Ermolaos Ververis, responsable scientifique de l’unité NUTRI de l’EFSA, a maintenu que cette première évaluation des risques était une étape « décisive et nécessaire » dans la réglementation des nouveaux aliments, qui aiderait les décideurs politiques du bloc à prendre des décisions scientifiques et à garantir la sécurité des consommateurs.

« Les études de risques concernant les insectes et leurs produits dérivés en tant que nouveaux aliments par l’EFSA contribuent de façon importante à l’innovation dans ce secteur », a-t-il ajouté.

Le document servira de base à une décision prochaine sur le plan marketing.

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La Commission doit à présent soumettre un projet d’acte d’exécution autorisant la mise sur le marché au comité permanent dans un délai de sept mois.

« Nous espérons que ces dernières étapes permettront la commercialisation de ce produit d’ici à la mi-2021 », a déclaré Christophe Derrien, secrétaire général de l’IPIFF.

Les nouveaux aliments sont définis comme des denrées alimentaires dont la consommation était négligeable dans l’Union avant mai 1997 (date d’entrée en vigueur de la première législation relative aux nouveaux aliments). Il peut s’agir d’aliments récemment développés, d’aliments innovants ou d’aliments produits au moyen de nouvelles technologies et de procédés inédits, ainsi que de denrées alimentaires traditionnellement consommées en dehors de l’UE.

Dans le but d’apporter plus facilement et plus rapidement de nouveaux aliments sur le marché de l’UE, tout en maintenant des niveaux élevés de sécurité alimentaire, une mise à jour de la réglementation européenne sur les nouveaux aliments est entrée en vigueur en janvier 2018.

Depuis lors, l’EFSA a reçu 15 demandes de nouveaux aliments liées aux insectes, dont 11 ont fait l’objet d’évaluation des risques et les quatre autres sont en cours de contrôle de conformité.

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