Les agriculteurs italiens tentent de multiplier les coopératives

Les agriculteurs italiens estiment qu’il est nécessaire de combattre davantage les pratiques commerciales déloyales, qui font obstacle au développement du marché intérieur. [Shutterstock]

En Italie, les producteurs cherchent à rassembler leurs activités pour mieux peser sur le marché agricole européen.

Comme en France, les agriculteurs italiens s’estiment perdants dans la chaîne de valeur de l’alimentation du pays.

« En Italie, pour chaque euro dépensé par le consommateur, seulement 15 centimes reviennent à l’agriculteur, en raison de nombreux intermédiaires, problèmes et spéculations dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire », explique Paolo Di Stefano, chef du bureau bruxellois de Coldiretti, une organisation d’agriculteurs comprenant plus d’un demi-million de membres.

Le pouvoir de négociation inégal et le manque de transparence dans la chaîne d’approvisionnement sont responsables de la baisse de compétitivité des exploitations agricoles italiennes, selon le représentant. « Le renforcement et la création d’organisations de producteurs doivent aller de pair avec une hausse du pouvoir de négociation des agriculteurs dans la chaîne agroalimentaire, en donnant aux agriculteurs le droit de négocier collectivement leurs contrats. »

Paolo Di Stefano met en avant le projet Campagna Amica, conçu par Coldiretti dans le but de promouvoir le circuit court, soit un circuit de distribution dans lequel le producteur vend directement ses produits alimentaires locaux et saisonniers au consommateur. « Grâce à cela, nous avons créé une relation directe entre les producteurs et les consommateurs, en éliminant les étapes intermédiaires de la chaîne d’approvisionnement qui réduisent les bénéfices des agriculteurs. »

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Fragmentation et Omnibus

Les nouvelles modifications apportées au règlement « Omnibus » devrait rendre la vie des agriculteurs européens plus facile, selon Paolo Di Stefano, en réglant par exemple un certain nombre de problèmes dans la mise en place des règles de concurrence.

Les agriculteurs italiens estiment toutefois qu’il est nécessaire de combattre davantage les pratiques commerciales déloyales, qui font obstacle au développement du marché intérieur.

Cette année, la Commission européenne présentera une loi sur la chaîne agroalimentaire et les pratiques commerciales déloyales. La proposition devrait être adoptée par le collège des commissaires en avril et devrait se baser sur une étude d’impact actuellement en cours, selon un porte-parole de la Commission.

« Nous devons rassembler les agriculteurs dans des coopératives et des organisations de producteurs pour qu’ils deviennent plus forts », a déclaré Paolo de Castro, un eurodéputé social-démocrate italien (S&D), qui estime que la fragmentation de l’approvisionnement est l’un des principaux problèmes pour le secteur agroalimentaire italien.

Le règlement Omnibus soutient une coopération accrue, en permettant aux organisations de producteurs de s’organiser sur le marché sans enfreindre les règles de concurrence, selon l’eurodéputé italien. « Je souhaite que la réforme de la PAC résulte en des règles communes  – donc pas de renationalisation – en soutenant les agriculteurs qui rassemblent leurs activités commerciales pour être plus forts et plus compétitifs sur le marché. »

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Massimo Giansanti, président de l’organisation agricole italienne Confagricoltura, a souligné qu’à l’heure actuelle, seules les exploitations les plus compétitives qui produisent une large gamme de produits parviennent à rester sur le marché.

« Nous essayons donc de promouvoir des initiatives axées sur l’innovation qui permettent de démarquer les produits italiens des autres et, du côté de l’offre, rassembler les produits en coopérative, tout en garantissant la qualité et en soutenant nos productions », a-t-il ajouté.

« Nous devons investir les subsides du deuxième pilier de la PAC dans les exploitations qui pourraient être compétitives sur le marché, a conclu Massimo Giansanti.

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