L’Italie demande à repousser les échéances de la PAC à cause du coronavirus

La ministre italienne de l'Agriculture, Teresa Bellanova. [EPA-EFE/DI MEO]

La ministre italienne de l’Agriculture, Teresa Bellanova, demande à la Commission de repousser les échéances de certaines procédures administratives de la PAC pour aider les agriculteurs du pays touchés par l’épidémie de coronavirus.

Dans une lettre envoyée à l’exécutif européen lundi 2 mars, l’Italie cherche à allonger d’un mois le délai de candidature aux fonds de la PAC. Le pays souhaite également repousser des échéances administratives au 15 octobre en ce qui concerne les payements directs, et au 31 décembre pour son programme de développement rural local.

Teresa Bellanova demande aussi plus de temps pour lancer les programmes de soutien dans le cadre de l’organisation commune des marchés agricoles (OCM). Ce « filet de sécurité » pour les marchés agricoles fonctionne grâce à l’utilisation d’instruments de soutien au marché, en particulier en temps de crise.

« Les difficultés rencontrées actuellement par le secteur agricole sont évidentes, et nous devons tout faire pour desserrer l’étau qui coince les exploitations et les travailleurs », écrit la ministre dans sa lettre.

L’Italie appelle Bruxelles à ne pas gâcher les efforts réalisés au fil des années. Reporter un événement public à cause du coronavirus, par exemple, fait partir en fumée d’importants investissements et le travail accompli jusqu’à présent. Teresa Bellanova souligne que « ce problème doit absolument être réglé ».

La Commission envisage de nouveaux objectifs pour sa politique alimentaire

En plus de restreindre l’utilisation des engrais et des pesticides chimiques, l’exécutif européen veut lutter contre l’obésité.

Le coronavirus menace aussi gravement le lancement de programmes européens de promotion du vin, des fruits et légumes, de l’huile d’olive, mais aussi de consommation de fruits et de lait dans les écoles en Italie.

Cette demande de report de l’échéance de la PAC fait suite à une analyse menée par un groupe de travail spécial mis sur pied par le Ministère de l’Agriculture italien.

L’analyse souligne les difficultés principales rencontrées par les agriculteurs ces dernières semaines. Il s’agit notamment de problèmes logistiques et d’exportation vers les pays tiers, mais aussi d’un blocage des programmes de soutien de l’OCM, qui pénalise les activités commerciales et a « des conséquences lourdes sur la valeur de la production commercialisée ».

En outre, la crise sanitaire complique la gestion des politiques de développement rural, le second pilier de la PAC. Le groupe de travail indique que les vérifications nécessaires pour financer les agriculteurs sont difficiles à effectuer.

L’Italie est l’État membre le plus touché par l’épidémie de coronavirus, qui a atteint 1835 personnes et fait 52 morts.

Le gouvernement du Premier ministre Giuseppe Conte a pris des mesures pour contenir la propagation rapide du virus dans le pays. Les administrations publiques et les écoles ont été fermées, et les événements publics, annulés.

Étiquetage des aliments

Dans une autre lettre, Teresa Bellanova et le ministre du Développement économique, Stefano Patuanelli, invitent les commissaires européens Stella Kyriakides and Janusz Wojciechowski à revoir les nouvelles normes d’étiquetage de la stratégie « De la ferme à la fourchette», qui obligeront à mentionner l’origine des produits.

Euractiv a pu consulter un document confidentiel de la Commission dans lequel elle suggère d’indiquer la provenance de certains produits alimentaires dans le cadre de sa nouvelle stratégie.

L’Italie plaide pour que l’origine des ingrédients de base soit inscrite sur l’étiquette avant de tous les produits alimentaires.

Par le passé, les décisions en matière d’étiquetage de produits n’ont été prises qu’en conséquence de scandales alimentaires retentissants, indiquent les deux ministres italiens dans leur lettre. Ils citent en exemple la crise de la vache folle, un scandale à la suite duquel l’étiquetage de l’origine de la viande bovine a été rendu obligatoire.

« Nous pensons qu’il ne faut pas attendre un autre scandale ». « Nous pouvons prendre des mesures courageuses conformes à la demande des citoyens partout en Europe », affirment Teresa Bellanova et Stefano Patuanelli.

À l’instar d’autres États membres comme la France, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, la Lituanie, la Roumanie et la Finlande, l’Italie teste déjà la mention de l’origine sur l’étiquette de produits tels que le lait, le fromage, la charcuterie, le riz ou les produits dérivés des tomates.

L’Italie annonce qu’elle désire poursuivre ses expériences en la matière dans le cadre de la nouvelle stratégie « De la ferme à la fourchette».

L’Espagne veut plafonner les aides PAC

Le ministre de l’Agriculture, Luis Planas, a mis les pieds dans le plat en ravivant le débat sur les aides PAC. Il envisage un plafond d’aide annuelle de 60.000 à 100.000 euros par exploitation. Un article de notre partenaire, Euroefe

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