Julien Denormandie défend ses priorités pour l’agriculture européenne devant les eurodéputés

« La mission première de l’agriculture, c’est de nous nourrir », a insisté Julien Denormandie devant les membres de la commission de l'Agriculture du Parlement européen, ce mardi (25 janvier). [Conseil européen]

Le ministre français de l’Agriculture a réitéré sa volonté de s’engager pour la réciprocité des normes et le captage du carbone dans les sols devant les membres de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, ce mardi (25 janvier).

Alors que la France préside le Conseil de l’Union européenne (PFUE) depuis le 1er janvier, M. Denormandie a présenté ses priorités pour le secteur agroalimentaire devant les eurodéputés de la commission AGRI ce mardi (25 janvier), faisant suite à l’intervention du président français Emmanuel Macron devant le Parlement européen le 19 janvier dernier.

L’agriculture serait « au cœur des trois piliers » de la présidence française – présentés par M. Macron la semaine dernière et qui sont le renforcement de la souveraineté européenne, la construction d’un nouveau modèle européen de croissance et la consolidation du sentiment d’appartenance à l’Union-, selon M. Denormandie.

En termes de souveraineté, « ce serait une folie de déléguer à autrui notre propre souveraineté alimentaire », a déclaré le ministre, rappelant que « la mission première de l’agriculture, c’est de nous nourrir ».

Répondant aux interrogations des eurodéputés, M. Denormandie a en outre défendu sa vision de la transition agroécologique. Interpellé par l’eurodéputé allemand Martin Häusling (Verts/ALE), le ministre a regretté que « vous avez oublié quelque chose qui est dramatique pour l’avenir de l’Europe, c’est la mission nourricière de notre agriculture ».

Avant de poursuivre qu’« au risque de vous choquer, une vision politique, c’est une vision nourricière, une vision de souveraineté. L’agroécologie, ce n’est pas une vision politique, c’est un moyen d’atteindre la vision politique nourricière et de souveraineté. »

Concernant la croissance, il ne fallait pas oublier que « l’agriculture est une politique économique », selon M. Denormandie.

S’agissant, enfin, du sentiment d’appartenance, le ministre a rappelé que « les modèles alimentaires sont une partie de notre identité » et que les produits « forgent notre sentiment d’appartenance à des territoires ».

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M. Denormandie, qui préside le Conseil des 27 ministres de l’Agriculture pendant la PFUE, a ensuite réitéré ses priorités politiques pour le monde agricole.

Le ministre a ainsi rappelé sa volonté d’avancer au sujet de la réciprocité des normes : importer des produits agroalimentaires dont la production ne correspond pas aux standards européens serait un « non-sens en termes de souveraineté et d’environnement ».

M. Denormandie s’est ainsi dit « convaincu » que créer un cadre propice à la transition agroécologique passera « par une mise en adéquation » entre les différentes politiques agricoles et commerciales de l’Union.

Il ne s’agissait là « en aucun cas » d’une quête d’autarcie du bloc ou d’une volonté de rompre avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce, mais d’une nécessité de définir les « règles du jeu plus clairement ».

Deuxième priorité principale des six mois à venir, une politique agricole bas carbone : « Nos agriculteurs européens sont des soldats du carbone, des soldats du climat », a affirmé le ministre de l’Agriculture devant les eurodéputés, rappelant le grand potentiel du sol agricole pour capter et stocker du CO2. Or, il restait encore « beaucoup à faire » pour inciter et accompagner les agriculteurs dans cette agriculture bas carbone et ainsi « réconcilier la création de valeur environnementale avec la création de valeur économique ».

Au-delà de ses priorités, M. Denormandie a en outre réitéré sa volonté d’avancer sur « beaucoup d’autres sujets », dont la finalisation des plans stratégiques nationaux (à travers lesquels les États membres définissent leur feuille de route pour appliquer la prochaine Politique agricole commune, à partir de 2023), la vaccination contre la grippe aviaire, le bien-être animal, la prédation ou encore la révision du système des Indications géographiques de l’UE.

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