Julien Denormandie dévoile ses priorités pour le monde agricole français et européen en 2022

Le ministre de l'Agriculture français, Julien Denormandie, annonce vouloir faire de la lutte contre la concurrence déloyale sa « priorité des priorités » pendant la présidence française du Conseil de l'UE. [IGOR KUPLJENIK/epa]

De l’adaptation au changement climatique à la réciprocité des normes dans les échanges internationaux, le ministre français de l’Agriculture a fait le point sur ses principaux chantiers pour 2022, lors d’une conférence de presse mardi (4 janvier).

Après une année 2021 riche en développements dans le monde agricole français et européen, « il reste beaucoup de pain sur la planche en 2022 », a déclaré Julien Denormandie lors d’une conférence de presse de rentrée, mardi (4 janvier), promettant que « nous allons travailler jusqu’au dernier quart d’heure qu’il me sera donné ».

La juste rémunération des agriculteurs français, « mère des batailles » pour 2022

Au niveau français, une meilleure répartition de la valeur de la production agroalimentaire restera la « mère des batailles » en 2022, selon le ministre. Après la « guerre des prix » qui avait, non pour la première fois, miné les relations entre agriculteurs et la grande distribution l’an dernier, il s’agirait de « recréer de la confiance à tous les maillons » en appliquant pleinement la loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs, dite Egalim 2 (promulguée en octobre dernier).

« Comptez sur moi pour mettre toute la pression possible afin que cette loi fonctionne », a déclaré M. Denormandie, alors que de nouvelles négociations commerciales pour déterminer les prix des produits agroalimentaires sont en cours en ce moment même.

Autre grand chantier pour 2022, l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Revenant sur le projet de loi visant à réformer les outils de gestion des risques climatiques en agriculture à travers l’introduction d’une assurance-récolte pour l’ensemble des agriculteurs, présenté par les ministres français de l’Agriculture et de l’Économie en décembre, M. Denormandie a promis qu’il porterait ce texte devant les parlementaires avec « force ».

L’enjeu de la réforme – « l’une des plus ambitieuses depuis la Politique Agricole Commune », selon le ministre – serait « central » : la création de la « première couverture universelle face au risque climatique » ne constituerait pas moins qu’une « révolution » pour le monde agricole.

Enfin, seront également au menu pour la politique agricole française en 2022 : l’accompagnement « humain » des agriculteurs (avec, notamment, la mise en œuvre de la feuille de route pour la prévention du mal-être des agriculteurs, présentée en novembre), le renforcement de la filière forêt/bois française (les Assises de la Forêt et du Bois, lancés en octobre, seront clôturées à la mi-février), et l’investissement dans la « troisième révolution agricole » à travers le plan France 2030 (dévoilé par Emmanuel Macron en octobre).

PFUE : les agriculteurs français expriment des attentes « fortes »

Le principal syndicat agricole français appelle à faire de l’agriculture « le fer de lance d’une Europe forte, souveraine et durable », alors que la France vient de prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE pour les six prochains mois.

Lutter contre la concurrence déloyale, la « priorité des priorités » au niveau européen

Côté Europe, c’est la lutte contre les distorsions de concurrence dont le ministre de l’Agriculture compte faire son cheval de bataille pour les mois à venir.

Alors que la France assume la présidence tournante du Conseil de l’UE depuis le 1er janvier et jusqu’au 30 juin 2022, M. Denormandie a déclaré qu’agir pour la réciprocité des normes dans les échanges commerciaux, à l’intérieur du marché européen comme à l’international, constituera sa « priorité des priorités ».

« Nous ne pouvons plus accepter d’importer sur notre marché européen des produits qui ne respectent pas les normes que nous imposons à nos propres productions », selon le ministre. Il fallait donc « conditionner un accès préférentiel à notre marché au plein respect des normes de production européenne » dans le cadre de la politique commerciale européenne.

M. Denormandie a également fait savoir que « nous attendons la mise en place par la Commission d’une clause miroir permettant d’appliquer aux produits importés l’interdiction d’usage d’antimicrobien à des fins de promotion de croissance ».

Concernant la concurrence au sein du marché européen, le ministre a annoncé vouloir « porter à l’échelle européenne tous les sujets phytosanitaires » – sujet sensible alors qu’une possible ré-autorisation du très controversé pesticide glyphosate est notamment en cours au niveau européen. La Commission devrait en outre finaliser sa proposition de révision de la directive sur l’utilisation durable des produits phytopharmaceutiques (dite directive SUD) sous présidence française.

Autres chantiers pour les prochains mois, M. Denormandie a annoncé vouloir travailler à une définition européenne du biocontrôle et avancer sur la question du stockage du carbone dans les sols. L’agriculture aurait un « rôle essentiel » à jouer dans la lutte contre le changement climatique, rôle qui cependant « ne peut se jouer qu’à une échelle nationale ».

Le ministre organisera ainsi un « grand évènement » au sujet du stockage du carbone au niveau français le 1er février, avant d’en faire la thématique d’un Conseil informel des ministres de l’UE, le 6 février à Strasbourg.

« Je porterai nos valeurs à Bruxelles », selon M. Denormandie, « car je crois fermement que nous ne pouvons pas réussir ce combat seul ».

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