Julien Denormandie dévoile son plan d’action climat pour le monde agricole

Julien Denormandie (ici avec son homologue hongrois lors du dernier Conseil des ministres de l'Agriculture à Bruxelles, fin mai) a annoncé vouloir soutenir les agriculteurs français dans l'adaptation au changement climatique. [Stéphanie Lecocq/epa]

Le ministre de l’Agriculture a présenté ce mercredi (23 juin) son plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) qui doit aider à « construire durablement les transitions » des secteurs agricole et alimentaire.

Alors que la transition agroécologique est le maître-mot (et l’un des principaux points d’achoppement) dans les négociations sur la future Politique agricole commune de l’Union européenne, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie a présenté, mercredi, son plan d’action climat pour la filière agricole en France.

Le projet fait partie de la Stratégie nationale bas-carbone de l’exécutif et répond à la demande du Premier ministre qui, en novembre 2020, avait invité quatre ministères à établir de tels plans d’actions.

Si l’agriculture est l’un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, elle est également sous le coup du changement climatique dont les aléas « ont des impacts considérables et dévastateurs » sur la filière, selon M. Denormandie.

Face à la récurrence des épisodes de sécheresse ou de gel – comme celui qui a frappé le monde agricole français début avril -, le plan d’action proposé par le ministre doit permettre une meilleure gestion et un « partage équilibré » des ressources, ainsi qu’une « meilleure adaptation des exploitations et des filières agricoles au changement climatique et un accompagnement plus efficace du monde agricole ».

Pour traduire ces belles paroles en actes, le ministre propose six axes d’action. Tout d’abord, accélérer le développement de pratiques agricoles qui permettent d’atténuer les émissions de CO2 : le ministre souhaite ainsi accroître la surface et le nombre d’exploitations en agriculture biologique et en haute valeur environnementale (HVE), « optimiser » l’usage de fertilisants organiques et réduire la consommation des exploitations en énergies fossiles.

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Le ministre souhaite en outre développer le potentiel de séquestration de carbone dans les sols : en d’autres termes, favoriser la préservation de puits carbone naturels, comme les prairies permanentes et les forêts, et le développement de nouvelles « infrastructures agroécologiques », soit des haies.

Pour appuyer la transition, M. Denormandie compte également « soutenir la demande et la consommation » de produits agroalimentaires à moindre impact environnemental par la promotion d’une alimentation « de qualité, locale, saine, sure et durable ». Un axe qui va également dans le sens de la stratégie européenne « De la ferme à l’assiette » (Farm to Fork).

Enfin, le ministre dit vouloir stimuler la recherche et accompagner l’adaptation du monde agricole aux conséquences du réchauffement climatique.

Autant d’objectifs ambitieux – mais qu’il faudra accompagner financièrement, avertit Henri Bies-Péré. « Il ne suffit pas de fixer des objectifs », déclare le deuxième vice-président de la FNSEA (premier syndicat agricole en France), car « pour les agriculteurs il s’agit de changements de pratiques sur le terrain ».

Si la FNSEA a elle-même reconnu la nécessité de répondre au changement climatique, tout comme l’opportunité de « faire du défi climatique une opportunité pour l’agriculture » dans son dernier rapport d’orientation, ces changements seraient tout de même synonymes d’investissement et de prise de risque, explique M. Bies-Péré. Ainsi, la FNSEA souhaiterait voir le ministre proposer un plan d’investissement pour permettre aux exploitants de suivre les trajectoires présentées dans le plan d’action climat.

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