L’Organisation mondiale du commerce a tranché contre l’UE dans l’affaire qui l’opposait aux Etats-Unis, au Canada et à l’Argentine concernant un moratoire européen sur les organismes génétiquement modifiés.
Mardi 7 février, l’OMC a condamné le moratoire de l’UE sur les produits génétiquement modifiés en vigueur de juin 1999 à août 2003. La Commission européenne pourrait faire appel de cette décision après la confirmation officielle de cette décision par un jugement définitif, qui est prévue pour mars.
L’UE a adopté en 2004 de nouvelles règles d’autorisation des produits génétiquement modifiés, mais les Etats-Unis, soutenus par l’Argentine et le Canada, considèrent que les procédures européennes sont encore trop longues. Selon un représentant officiel américain pour le commerce, ces procédures « relèvent davantage de l’opportunisme politique que de préoccupations relatives à la santé ou à la sécurité ».
La Commission a rejeté ces revendications, indiquant qu’elle avait déjà autorisé « plus de 30 OGM ou produits alimentaires dérivés » sur le marché européen. « Contrairement à ce que laissent entendre les revendications américaines, l’UE est l’un des principaux importateurs d’OGM et de produits alimentaires dérivés, » a déclaré la Commission.
Entre-temps, la Commission s’efforce toujours d’obtenir de certains pays européens qu’ils lèvent leur embargo sur les OGM, comme ce fut le cas avec la Grèce en janvier.
De plus, la grande majorité de l’opinion publique européenne se montre sceptique quant aux OGM. Un sondage Eurobaromètre publié le 7 février révèle que 62% des personnes interrogées dans les 25 pays de l’UE sont « préoccupés » par les risques que constituent les OGM pour la sécurité alimentaire.
Greenpeace a déclaré que la décision de l’OMC « ne doit pas servir à remettre en cause les accords internationaux existants sur la biosécurité » telle qu’elle est définie dans le Protocole de Carthagène.
