L’UE veut aider les ex-salariés des abattoirs Gad, victimes de la mondialisation

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Le Parlement européen a adopté une aide d’un million d’euros destinée aux ex-salariés des abattoirs bretons. La crise de la filière porcine ainsi qu’un usage abusif des travailleurs détachés dans le secteur sont jugés responsables des difficultés de l’entreprise.   

Les ex-salariés des abattoirs Gad, victimes de la mauvaise santé de la filière porcine en France, devraient recevoir prochainement une aide conséquente de la part du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM)

Suite à une demande de la France, la Commission européenne avait proposé en octobre une enveloppe d’un million d’euros destinée à financer la « fourniture de conseil et d’orientation » aux  760 travailleurs licenciés par les abattoirs Bretons GAD.

La proposition de la Commission européenne a reçu l’aval de la commission des budgets du Parlement européen le 20 novembre, et doit encore être approuvée en plénière la semaine prochaine avant d’être déinitivement adoptée, le 25 novembre.

Filière porcine en difficulté

 « La filière porcine française, notamment bretonne, a été frappée de plein fouet par la crise économique, laquelle a entraîné une augmentation du prix des aliments pour animaux et une diminution de la demande » a détaillé l’ancien Commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion, László Andor.

Selon la France, la crise financière et économique mondiale a entraîné une diminution de la consommation annuelle de porc et de produits à base de porc, tombée de 43 kg par habitant en 2007 à 39 kg en 2013.

Au-delà de cette crise structurelle, la filière porcine doit également faire face depuis janvier 2014 à un embargo sur les produits porcins décrété par Moscou après une épidémie de peste porcine africaine dans l’est de l’UE. Cette mesure concerne environ 10 % de la production porcine française qui se voit contrainte de trouver de nouveaux débouchés.

>> A lire aussi : L’embargo russe sur le porc européen sème la zizanie à Bruxelles

Mais selon le rapport adopté par la commission des budgets du Parlement européen, une autre raison a participé aux difficultés de l’entreprise, celle de la concurrence déloyale.

Une concurrence pratiquée « au sein même du marché intérieur, de la part d’entreprises qui ont fait un usage abusif de la directive sur le détachement de travailleurs », souligne le rapport. Une allusion à peine voilée à la concurrence allemande, où l’emploi massif de travailleurs détachés et l’absence de salaire minimum a permis de casser les prix.  

Conséquences de la mondialisation

L’intervention du Fonds d’ajustement peut intervenir, sur demande d’un État membre, auprès des entreprises souffrant des conséquences de la mondialisation. Depuis sa mise en place, en 2007, le Fonds a fait l’objet de cent trente demandes d’intervention et quelque 536 millions d’euros d’aide ont déjà été demandés en faveur de plus de 116 000 travailleurs. Mais malgré la forte demande, le budget du Fonds pour la période 2014-2020 est tombé de 500 à 150 millions d’euros.

Plusieurs interventions en France

Ce n’est pas la première fois que le Fonds d’ajustement vient au secours de salariés français. Un peu plus tôt dans le mois, la Commission a proposé de débloquer une aide de 25,9 millions d’euros pour les 3 886 travailleurs licenciés d’Air France, victimes d’une baisse générale du transport aérien international de passagers entre 2008 et 2013.

En 2012, ce sont 2089 travailleurs licenciés par PSA Peugeot Citroën entre fin 2009 et 2010 dans la foulée de la baisse brutale de la demande de voitures neuves, qui ont bénéficié d’une enveloppe de 11,9 millions d’euros.

Quelque dix États membres avaient en effet fait campagne en 2012 afin de supprimer le fonds. Un compromis a été trouvé pour le maintenir, avec un budget largement revu à la baisse.

Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation est doté d’un  budget annuel maximum de 150 millions d'euros pour la période 2014-2020. Son objectif aide les personnes ayant perdu leur emploi à la suite de changements structurels majeurs engendrés par la mondialisation dans le commerce international, ou de la crise économique et financière mondiale.

Unique condition, au moins 500 salariés ou travailleurs indépendants doivent avoir perdus leur emploi. Le FEM peut alors financer jusqu'à 60 % du coût des projets destinés à aider les personnes ayant perdu leur emploi à retrouver du travail ou à créer leur propre entreprise.

  • 24-27 novembre: session plénière du Parlement européen  - Strasbourg
  • 25 novembre: vote prévu pour le vote de l'aide aux abattoirs GAD au Conseil - Bruxelles

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