La Commission introduit des « couloirs de solidarité » entre l’UE et l’Ukraine pour les exportations alimentaires

En raison du blocus des ports ukrainiens par la Russie, les volumes réels des exportations ukrainiennes de céréales ont été divisés par quatre par rapport à février. [KOBUS/EC]

La Commission européenne a introduit de nouveaux « couloirs de solidarité » afin d’améliorer la connexion entre l’UE et l’Ukraine pour l’exportation de céréales, notamment via les chemins de fer, dans le contexte du blocus des ports ukrainiens dans le cadre de l’invasion russe.

À l’heure actuelle, 40 millions de tonnes de céréales à destination de l’UE sont bloquées en Ukraine. La course est désormais lancée pour que 20 millions de tonnes de ces céréales quittent le pays en proie à la guerre pour rejoindre l’Union européenne avant la fin du mois de juillet.

Toutefois, cela représente un véritable défi, étant donné que les ports maritimes, qui étaient auparavant la principale voie d’exportation de l’Ukraine, représentant jusqu’à 90 % des marchandises exportées, sont désormais bloqués.

Actuellement, le temps d’attente moyen pour le passage de la frontière pour les céréales ukrainiennes se situe entre 16 et 30 jours, avec des milliers de wagons et de camions qui attendent le dédouanement du côté ukrainien.

L’exécutif européen s’efforce donc de mettre en place des itinéraires logistiques alternatifs — connus sous le nom de « couloirs de solidarité » — en utilisant tous les modes de transport pertinents.

Si la Commission européenne ne peut se substituer aux opérateurs européens ou aux vendeurs de céréales ukrainiens, elle peut les mettre en relation et établir de nouvelles connexions entre les frontières de l’Ukraine et les ports de l’UE, a expliqué la commissaire européenne en charge des Transports, Adina Vălean.

« Nous allons mettre en place une plateforme logistique de mise en relation pour aider les associations professionnelles à commercer avec les services de la Commission, [nous allons également aider] l’État membre et les autorités ukrainiennes à se retrouver plus facilement et à résoudre ce problème urgent sans délai », a-t-elle déclaré lors de la présentation de la communication jeudi 12 mai.

Des mesures à court et à long terme

Le plan d’action de la Commission comprend des mesures immédiates et à moyen terme pour aider l’Ukraine dans l’exportation de ses marchandises.

Les actions prioritaires comprendront du matériel roulant de fret, des navires et des camions supplémentaires, ainsi que la priorisation des expéditions aux exportations agricoles ukrainiennes aux frontières, l’optimisation des opérations douanières et autres inspections, ainsi qu’une plus grande capacité de stockage temporaire des exportations ukrainiennes sur le territoire de l’UE.

Les wagons ukrainiens ne sont pas compatibles avec la majeure partie du réseau ferroviaire du bloc, et la plupart des marchandises doivent être transférées dans des camions ou des wagons correspondant aux écartements des voies ferrées de l’UE.

Toutefois, ce processus prend du temps et les installations de transfert le long des frontières sont rares, a indiqué la Commission.

Ces mesures à court terme sont destinées à faciliter l’exportation de marchandises par voie ferroviaire et à éviter que les céréales ukrainiennes ne restent bloquées à la frontière.

« Ces voies ne sont que la première étape d’une longue stratégie visant à étendre notre réseau d’infrastructures de transport essentielles en Ukraine et en Moldavie », a expliqué la commissaire.

À moyen et long terme, la Commission s’efforcera également d’accroître la capacité des infrastructures des nouveaux couloirs d’exportation et d’établir de nouvelles connexions d’infrastructures dans le cadre de la reconstruction de l’Ukraine.

Les petits agriculteurs : ces héros oubliés de la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine a suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire, tant dans le pays qu’ailleurs dans le monde. Toutefois, la clé pour assurer l’approvisionnement alimentaire de l’Ukraine pourrait se trouver entre les mains des petits et moyens agriculteurs.

Un problème de logistique

L’Ukraine produit 12 % du blé, 15 % du maïs et la moitié de l’huile de tournesol dans le monde. Elle est également le principal exportateur de produits agricoles pour les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

« Il est très évident que la situation de l’agriculture en Ukraine reste critique chaque jour », a déclaré un fonctionnaire de l’UE lors d’une récente audition avec les députés de la commission de l’Agriculture (AGRI) du Parlement européen, avertissant que la guerre pourrait voir les prix des denrées alimentaires augmenter de 20 % selon les estimations de l’ONU.

Il y a toutefois quelques bonnes nouvelles en ce qui concerne les semis de printemps en Ukraine.

Bien que certaines régions du pays, notamment le sud-est et le nord-est, soient confrontées à des incertitudes concernant les engrais et la lutte contre les maladies ainsi que le diesel, les semences fourragères et les médicaments à usage vétérinaire, le pays a pu semer environ 14 millions d’hectares de terres.

Cela représente environ 70 à 75 % de la moyenne à long terme de plantation de terres agricoles, ce qui signifie que le gouvernement ukrainien s’attend à une diminution de 20 % des cultures plantées ce printemps.

En raison du blocus russe des ports ukrainiens, les chiffres réels des exportations ukrainiennes de céréales ont été divisés par quatre par rapport à février, a expliqué Taras Kachka, vice-ministre de l’Économie de l’Ukraine, lors d’une réunion du European Food Forum (EFF) dirigé par des eurodéputés, mercredi 11 mai.

« De notre point de vue, le problème clé est la logistique, pas la production de nourriture », a-t-il ajouté.

Pas moins de 70-75 % de la production totale en Ukraine est vendue à l’exportation, ce qui représente 20 % des revenus ukrainiens pour le budget public, dont les deux tiers sont exportés via les ports.

« La seule solution pour nous est d’assurer l’interopérabilité du système, certains types d’échanges », a déclaré M. Kachka, attirant l’attention sur la nécessité d’une plus grande coordination entre les États exportateurs pour garantir le bon acheminement des marchandises vers l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.

Il a ajouté qu’il sera possible d’annoncer la réussite de la campagne de semis dans 10 à 14 jours.

Le ministre allemand de l’Agriculture veut aider à débloquer les exportations de céréales ukrainiennes

L’Ukraine a besoin d’un soutien logistique pour l’exportation de produits agricoles cruciaux qui sont actuellement impactés par l’agression russe, a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, qui souhaite mobiliser les autres pays du G7 pour venir en aide à l’Ukraine.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe