La crise du coronavirus ébranle le marché du lait

[Shutterstock]

L’épidémie de Covid-19 a de fortes répercussions sur le secteur du lait, en plein pic de production. La coopérative Sodiaal et l’association EMB réclament la création d’un outil européen pour réguler le marché. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Trop de lait produit, pour un marché identique, voire en recul : les prix baissent, c’est mécanique. L’index du commerce mondial des produits laitiers (Global dairy trade) a chuté de 3,9 % cette semaine, après une baisse continue lors des dernières semaines, preuve que le marché européen du lait se contracte sous la menace d’un redoutable effet de ciseaux.

D’un côté, le pic de production du printemps, avec le retour des vaches dans les prairies depuis quinze jours. De l’autre côté, une baisse de la consommation, du fait de la fermeture des commerces de restauration, des cantines, des difficultés de certaines entreprises de transformation, etc.

 « Tout le monde a peur et attend »

Les producteurs laitiers constatent également une forte baisse des prix de la poudre de lait et du beurre sur les marchés et redoutent que cela se répercute très prochainement sur leurs revenus, qui, bien souvent, peinent déjà à couvrir leurs coûts de production.

« Il n’y a plus d’acheteurs pour la poudre de lait. Les laiteries ne trouvent pas d’acquéreurs. Tout le monde a peur et attend », résume Erwin Schöpges, président de l’European milk board (EMB), association européenne représentant 100 000 producteurs de lait, et membre du syndicat belge de producteurs laitiers MIG.

Appel à des mesures plus ciblées contre le coronavirus dans le secteur agroalimentaire européen

Afin de mieux surmonter les difficultés causées par la crise sanitaire, les ministres européens de l’Agriculture appellent la Commission à prendre des mesures plus spécifiques.

Éviter les spéculateurs

Redoutant un effondrement des cours, Sodiaal, première coopérative laitière de France, vient de demander l’aide de l’Union européenne pour réguler le marché. Et envoyer un signal ferme et fort aux spéculateurs.

Réguler le marché, c’est précisément ce que réclame depuis longtemps l’European milk board. L’EMB travaille au corps les eurodéputés pour les persuader de la nécessité de rétablir un outil de régulation européen en cas de crise.

Leur projet d’un Programme de responsabilisation des marchés (PRM) a même été retenu dans les négociations de la future Politique agricole commune (Pac). « Nous avons maintenant bon espoir qu’il soit voté », explique Boris Gondoin, qui représente la France au sein du comité directeur de l’association.

Car, pour l’EMB, c’est limpide. Avant la crise de 2003, « nous avions un vrai système de régulation, qui assurait des prix rémunérateurs ». Depuis 2003, les volumes de lait n’ont cessé de s’accroître : + 20 % en 2009. Quand la France jouait le jeu, « d’autres petits malins, plus efficaces, comme les Pays-Bas, ont faussé la concurrence ».

Lire la suite sur Ouest-France

S'abonner à la newsletter de L'actu en capitales

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER