La filière bovine française dénonce la «menace» du CETA

Dominique Langlois, président d'Interbev, l'interprofession de la viande, affiche sa déception. [Philippe Renault/Joël Le Gall/OF]

La filière bovine estime que seule une renégociation de l’accord commercial CETA entre l’Union européenne et le Canada peut lui permettre d’éviter le pire. Notre partenaire, Ouest-France, fait le point avec Dominique Langlois, président d’Interbev.

Le conseil des ministres a adopté un plan de mise en œuvre du CETA. Mais, déçus par les annonces, les éleveurs bovins comptent désormais en appeler aux parlementaires pour voter contre la ratification du traité. « C’est une très grande déception. La réponse n’est absolument pas à la hauteur du problème et de la gravité de la situation », souligne Dominique Langlois, président d’Interbev, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes.

« Le CETA a été négocié en toute opacité, regrette-t-il dans une lettre. Nous sommes favorables à un accord équilibré […] Malheureusement, l’ouverture du marché européen aux viandes bovines canadiennes, prévue dans le cadre du CETA, n’a rien de raisonnée. Nous souhaitons renforcer nos conditions d’importation sur le plan sanitaire, environnemental, et du bien-être animal […] Cela sera impossible… à moins de renégocier le CETA. »

Concrètement, les éleveurs dénoncent une concurrence déloyale et l’utilisation d’hormones pour l’engraissement du bétail canadien. Le traité de libre-échange pourrait les fragiliser encore un peu plus, alors que le secteur est déjà en difficulté.

Les agriculteurs européens à Bruxelles pour faire pression sur l'UE

Plusieurs milliers de producteurs de lait et de viande porcine vont manifester à Bruxelles pour réclamer de nouvelles mesures de soutien aux ministres européens de l’Agriculture, réunis lors d’un conseil extraordinaire. 

Concurrence déloyale et hormones

Le gouvernement prévoit notamment un suivi des impacts du traité sur l’élevage, mais aussi un renforcement des contrôles menés au sein de l’UE sur les produits interdits en Europe, ou encore un recours plus systématique aux étiquetages précisant l’origine et le mode de production des produits alimentaires.

« On ne répond pas du tout aux questions et aux problématiques qui ont été relevées par la commission d’experts », missionnée par le président de la République, « qui a mis en lumière les risques qu’il y avait à importer ces viandes canadiennes », poursuit Dominique Langlois.

« En proposant de mettre en œuvre des outils de suivi des conséquences du CETA sur le secteur de la viande bovine […], le gouvernement se prépare à assister et à mesurer la chute de la filière », estime-t-il.

« On ne comprend pas qu’on puisse prendre une telle position en plein états généraux (de l’Alimentation), où on nous demande de sauvegarder la souveraineté alimentaire française, c’est-à-dire d’avoir une agriculture et des produits qui soient sains pour les citoyens, une agriculture durable et respectueuse de l’environnement, et, de l’autre côté, accepter des viandes qui sont produites dans des conditions qui ne respectent aucun de ces critères, à savoir la santé, l’environnement, le bien-être animal », a-t-il ajouté.

L’environnement, angle mort du CETA

Le CETA, accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, offre bien peu de garanties en matière sanitaire et environnementale, selon un rapport. Les associations demandent la suspension de son application provisoire, prévue le 21 septembre. Un article de notre partenaire, le JDLE.

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