La FNSEA apporte son soutien aux manifestations en Allemagne

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« Ce qui nous rapproche, c’est la remise en cause de cette vision européenne, non pas le Green deal qui nous interroge sur la transition nécessaire, mais la partie "décroissance" de la vision de la production », souligne M. Rousseau qui affirme être en contact régulier avec ses homologues allemands de l'Union des agriculteurs allemands (DBV) [Leitenberger Photography / Shutterstock]

Mercredi (10 janvier), le Président du syndicat majoritaire français Arnaud Rousseau a apporté son soutien au mouvement qui prend de l’ampleur en Allemagne. Selon lui la France peut se féliciter d’avoir baissé les taxes sur le gazole non routier. 

« Ces mouvements ont tous le même ferment : ce décalage grandissant entre la réalité de la pratique des agriculteurs sur le terrain et les décisions administratives centralisées à Bruxelles, qui créent la révolte », a déclaré le patron de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) lors de ses vœux à la presse mercredi.

Pour Arnaud Rousseau, la révolte des agriculteurs allemands qui gronde dans toute l’Allemagne depuis le lundi (8 janvier) fait écho aux mouvements survenus en France au mois de novembre dernier, avec le slogan « On marche sur la tête », à destination des politiques nationales et européennes. Près de 10 000 panneaux avaient été retournés à l’entrée des villes pour symboliser la situation.

Si la défiscalisation du gazole agricole a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de l’agriculture allemande, c’est également les règles européennes qui sont visées en ce moment outre-Rhin : accumulation des normes environnementales, bureaucratie, traités de libres échanges qui minent la compétitivité des exploitants.

« Ce qui nous rapproche, c’est la remise en cause de cette vision européenne, non pas le Green deal qui nous interroge sur la transition nécessaire, mais la partie ‘décroissance’ de la vision de la production », souligne M. Rousseau, qui affirme être en contact régulier avec ses homologues allemands de l’Union des agriculteurs allemands (DBV), l’organisation qui encadre le mouvement.

Selon lui, ces événements ont une portée européenne. Ils ont démarré aux Pays-Bas sur fond de crise de l’azote, puis ont éclaté en Pologne et en Roumanie à cause des afflux de produits ukrainiens à moindre coût sur les marchés nationaux. Des problématiques communes avec l’hexagone : « 55 % des poulets consommés en France sont aujourd’hui importés [en partie d’Ukraine], nous sommes inquiets pour la production de volaille française », appuie le patron de la FNSEA.

En Europe, les agriculteurs s’invitent sur la scène politique et font pression sur les gouvernements

Un vent de protestation souffle parmi les agriculteurs d’Europe, qui descendent dans les rues de France, de Pologne ou encore d’Allemagne. Les gouvernements craignent que cette colère grandissante ne fasse l’objet d’une récupération politique de la part de l’extrême droite.

La France conserve les avantages sur le GNR contrairement à l’Allemagne

Pour autant, M. Rousseau tient à rappeler la singularité de la France, en particulier sur le GNR (gazole non routier), où la situation n’a rien de comparable, et se félicite d’avoir évité « l’écueil » allemand qui a déclenché la révolte.

En Allemagne, le gouvernement d’Olaf Scholz a en effet annoncé vouloir supprimer l’avantage fiscal octroyé au gazole agricole pour combler le déficit du budget de 2024. Finalement, la colère des agriculteurs l’a poussé à concéder une échéance plus progressive, d’ici à 2026, ce qui n’a pas suffit à mettre un terme aux manifestations.

Si la France a lancé la même mesure au nom de la décarbonation de l’économie, Bercy a accordé un délai de six ans – au lieu de trois en Allemagne – à l’issue de négociations avec les parties prenantes (dont la FNSEA). Bruno Le Maire a également annoncé en septembre que les taxes resteront limités sur le gazole et des mesures de compensations fiscales seront mises en place.

« Nos mesures de compensation sont plutôt très bonnes pour nos agriculteurs […] Nous allons perdre 35 % de nos avantages fiscaux en 2030, les Allemands 100 % en 2026 ! Le ministre allemand de l’agriculture ‘vert’ a conduit nos collègues vers des systèmes de blocage », ajoute Hervé Lapie, le secrétaire général de la FNSEA en marge de la conférence.

Alors que certaines sections départementales (FDSEA) ont participé à la manifestation allemande du 8 janvier, comme le rapporte France 3 Grand Est, en acheminant une vingtaine de tracteurs, la FNSEA ne prévoit pas de prendre part au mouvement, comme le confirme M. Lapie. Les agriculteurs allemands accompagnés d’autres professions comme les transporteurs routiers vont manifester toute la fin de semaine jusqu’au rassemblement massif du lundi 15 janvier.

« On est en plein soutien », assure Arnaud Rousseau.

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