La France espère une future PAC plus verte

Agrobusiness et agroécologie, deux modèles qui s'opposent. [Susanne Nilsson/Flickr]

Paris veut mettre l’accent sur les mesures de verdissement de la future Politique agricole commune, afin de soutenir la transition vers l’agroécologie.

La future politique agricole commune (PAC) va devoir tout faire pour accompagner la transition vers l’agroécologie, qui regroupe les pratiques agricoles qui lient l’agronomie (science de l’agriculture) et l’écologie.

« La PAC a un rôle à jouer avec le verdissement. Elle devra accompagner la transition vers l’agroécologie, qui est irréversible. Cela fait partie des engagements forts de la France  », a expliqué le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, lors du colloque annuel du réseau Dephy, qui accompagne les agriculteurs dans la réduction de l’utilisation des phytosanitaires

La France peine à se sevrer des pesticides

La France a promis de sortir du glyphosate  plus rapidement que l’UE. Mais les plans Ecophyto sucessifs n’ont aucun résultat : l’utilisation des phytosanitaires continue de croître.

Après avoir opéré une transition vers la production intensive au sortir de la Deuxième Guerre mondiale afin de nourrir le pays, le monde agricole doit maintenant faire évoluer ses pratiques de production vers l’agroécologie, avec l’aide de l’Europe.

Pour opérer cette transition, le budget de la PAC doit impérativement être maintenu. « La France avec 19 partenaires européens dit non à la baisse du budget de la PAC, parce qu’elle n’est pas acceptable », a affirmé Didier Guillaume.

L’ambition de faire de la PAC post-2020 un outil de la transition vers l’agroécologie est pourtant loin d’être une réalité dans le projet mis sur la table par la Commission européenne. Dans un avis, la Cour des comptes européenne (CCE) a d’ailleurs conclu que le projet de PAC « n’est pas à la hauteur des ambitions affichées par l’Union concernant l’adoption d’une approche plus écologique et plus solide fondée sur la performance ».

L’environnement et le climat, parents pauvres de la PAC post-2020

Le commissaire à l’agriculture Phil Hogan a présenté ce 1er juin les propositions de Bruxelles pour revoir la politique agricole commune (PAC) après 2020, faisant fi des objectifs environnementaux et climatiques. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement. 

L’enveloppe …

En effet,  le projet de la future PAC n’oriente qu’une faible partie des subventions vers les objectifs environnementaux. Ainsi, seules 30 % des aides du deuxième pilier doivent servir la protection de l’environnement et du climat. Le verdissement sera principalement soumis au bon vouloir des États membres, qui pourront transférer 15 % supplémentaires entre les deux piliers pour couvrir des dépenses en faveur de l’environnement et du climat.

Décalage

« Quand la Cour des Comptes dit que le projet n’est pas à la hauteur des ambitions écologiques, c’est juste », explique l’eurodéputé socialiste Eric Andrieu. « La Commission pointe des objectifs environnementaux en disant qu’ils sont prioritaires, mais on se rend compte qu’ils ne sont pas clairement spécifiés » regrette-t-il.

« Je ne vois pas comment on va pouvoir évaluer des objectifs qui ne sont pas précis. Pour moi cela veut dire qu’il n’y a pas d’ambition politique », poursuit l’eurodéputé. « Il faut une agriculture qui capte le carbone, qui gère les ressources en eau et qui rejette moins d’azote. Et aujourd’hui la nouvelle PAC ne fait pas ça », conclut-il.

Pour orienter la nouvelle PAC vers la transition agro-écologique, Paris va défendre un objectif minimal de dépenses en faveur de l’environnement au sein des  deux piliers de la politique agricole.

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