La France poussera pour l’homologation de vaccins contre la grippe aviaire au niveau européen

Le ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie – qui préside le Conseil des ministres de l’Agriculture jusqu'au 30 juin prochain – a annoncé l'expérimentation de deux vaccins contre la grippe aviaire en France. [Stéphanie Lecocq/epa]

Face au pire épisode d’influenza aviaire jamais connu en Europe, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie affirme une prochaine expérimentation de deux vaccins en France, en vue d’une potentielle approbation de la vaccination au niveau des 27.

Les confinements et abattages en masse n’auront pas suffi à entamer la progression du virus : la France et l’Europe sont en train de subir la pire vague de grippe aviaire jamais enregistrée. Au 17 janvier, la France, déclarée indemne du virus en septembre dernier, comptait 216 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène en élevage, contre 46 une dizaine de jours plus tôt.

Sur le reste du continent aussi, la maladie – souvent mortelle pour les volailles affectées – fait des ravages. L’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas sont parmi les 29 pays touchés en Europe, l’Italie enregistrait quant à elle quelque 300 foyers du virus en début du mois. Le Royaume-Uni connait également un niveau d’infections record, tout comme l’Israël, rapporte le groupement d’ONGs BirdLife International.

Si une transmission du virus des volailles à l’humain ainsi qu’entre humains reste par ailleurs une rare exception, le cas d’un homme britannique infecté à la grippe aviaire, le 6 janvier dernier, avait soulevé de vives inquiétudes outre-Manche.

Dans ce contexte, le ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie – qui préside le Conseil des 27 ministres de l’Agriculture dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’UE (PFUE) jusqu’au 30 juin prochain – a réitéré ce lundi (17 janvier) sa position en faveur de la vaccination des volailles.

« Nous nous rendons compte aujourd’hui que depuis un an et demi nous avons incroyablement travaillé avec tous les secteurs et que pourtant le virus continue à se propager », a-t-il déclaré en marge du Conseil des ministres à Bruxelles, interrogé par EURACTIV. « C’est donc de manière très lucide que je dis, alors qu’on a énormément investi sur les mesures de biosécurité, que demain il nous faut pouvoir se battre contre ce virus avec l’aide du vaccin. »

Seul obstacle : la vaccination des volailles contre la grippe aviaire reste en grande partie interdite par la Commission européenne.

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Une vaccination « techniquement délicate »

Comme l’explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses), la vaccination est déjà « techniquement délicate » en raison du grand nombre de variantes du virus : il fallait donc pouvoir « garantir que le vaccin soit bien adapté aux virus présents dans la zone considérée et que la mise en œuvre du vaccin ne favorise pas la circulation inapparente du virus sauvage chez les oiseaux vaccinés ».

A quoi s’ajoute une autre difficulté technique : les technologies vaccinales actuellement disponibles ne permettent pas de distinguer les oiseaux vaccinés des oiseaux infectés, explique l’Anses.

Raison pour laquelle la vaccination reste un frein important notamment à l’exportation de produits de volaille : de nombreux pays refusent en effet d’importer des produits d’animaux vaccinés en raison du risque d’introduire le virus sur leur territoire à leur insu.

Les seuls moyens de lutter contre la grippe aviaire, en France comme en Europe, restent donc pour le moment les mesures de biosécurité (mise à l’abri, interdiction de mouvement de volailles, abattages préventifs) et une surveillance renforcée des élevages, note l’Anses.

Une expérimentation de vaccins « dans les toutes prochaines semaines »

Une situation que la France souhaite changer : s’exprimant en marge du Conseil des ministres de l’Agriculture, M. Denormandie a ainsi réitéré son annonce du 7 janvier dernier, affirmant l’expérimentation de deux vaccins en France « dans les toutes prochaines semaines ».

Suite à ces expérimentations – interrogé par EURACTIV France, le ministère de l’Agriculture a indiqué que « les travaux sont en cours » sans offrir de détails – « nous en tirerons les conclusions que nous partagerons avec mes homologues européens », selon M. Denormandie.

Le ministre compte ensuite avancer sur le dossier en collaboration avec les chefs des services vétérinaires des 27 afin de solliciter, si les conclusions de ce travail le permettent, l’approbation de la vaccination au niveau européen.

Si l’issue du processus reste pour le moment incertaine, le ministre s’était montré optimiste en début du mois : cité par notre partenaire Ouest-France, M. Denormandie avait alors affirmé qu’il ne voyait « pas d’autre solution à terme que de se doter de la vaccination ». Dossier à suivre.

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